L'horizon semble enfin se dégager pour Boeing, après plusieurs années de crises dues à moult problèmes de qualité de sa production mais le constructeur américain continue de pâtir des erreurs du passé.
"Nous continuons d'avancer dans la bonne direction et nous avons de nouveau réalisé un solide trimestre pour notre entreprise", a commenté Kelly Ortberg, PDG de Boeing, dans un message adressé aux employés, constatant "beaucoup de bonnes choses".
Le groupe a néanmoins réalisé une perte nette de 428 millions de dollars au deuxième trimestre, moins creusée qu'un an plus tôt et liée, surtout, à une charge supplémentaire pour le programme des futurs avions présidentiels américains.
Le consensus des analystes de Factset tablait sur un mini-bénéfice de 10 millions.
Mais c'était sans compter une charge de 280 millions de dollars au titre des deux 747-8 spécialement aménagés, qui prennent le nom de code Air Force One lorsque le président américain est à bord.
Boeing a décidé de dédier davantage de ressources à ce programme, baptisé VC-25B, afin de respecter l'ultime calendrier dévoilé en décembre 2025: premier appareil mi-2028, le second l'année suivante.
Peu après l'ouverture de la Bourse de New York, l'action Boeing gagnait 3,54%.
Au moment de la signature du contrat à prix fixe (3,9 milliards de dollars) en 2018, la livraison était prévue avant fin 2024 mais elle a pris du retard, notamment à cause d'altérations par l'administration Trump.
Sur la trajectoire
Si le groupe achève un autre trimestre dans le rouge, il a néanmoins réussi à tenir ses objectifs d'amélioration du chiffre d'affaires (+8% sur un an à 24,56 milliards de dollars) et de flux de trésorerie positif (631 millions de dollars), restant sur la trajectoire de 1 à 3 milliards sur l'année.
Ceci grâce au rebond des livraisons d'avions commerciaux, dans le sillage des cadences accrues de production du monocouloir 737 MAX après la crise profonde due à un incident en janvier 2024.
Le groupe, qui perçoit en général 60% du prix à la livraison, a remis à ses clients 314 avions (+12% sur un an) au premier semestre. C'est son meilleur niveau pour cette période en six ans, soit avant l'impact de deux crashes du 737 MAX 8 (346 morts au total), dus à un problème de conception.
Le régulateur de l'aviation (FAA) a supprimé, en octobre 2025, le plafond mensuel de 38 appareils 737 MAX imposé début 2024. Depuis, l'avionneur augmente graduellement sa production, qui atteint 47 actuellement avec l'ambition de grimper à 63, voire davantage.
"Nous avons bâti les fondations pour accomplir le travail important qui nous attend encore cette année", a relevé M. Ortberg.
Il attend avec impatience la certification, très retardée, des deux dernières versions de ce best-seller: celle du 737 MAX 7 est attendue "sous peu", a indiqué M. Ortberg mardi sur CNBC, et celle du 737 MAX 10 devrait suivre rapidement. Les livraisons vont commencer en 2027.
Pour le gros porteur 777-9, ce sera un peu plus tard avec un début des livraisons toujours prévu pour 2027.
Mais la FAA a mis en garde lundi soir les compagnies aériennes d'un problème d'attache des sièges à l'habitacle, qui affecterait 453 avions enregistrés aux Etats-Unis (737-8, 737-9, 737-8200). Le coût total de la réparation est estimé à moins de 2,7 millions.
Boeing, selon un porte-parole, en a prévenu ses clients en décembre 2025.
"En regardant le niveau des livraisons, Boeing est clairement sur la bonne voie (...) mais il y a encore beaucoup à faire", a considéré Richard Aboulafia, expert en aéronautique, estimant que la certification des deux 737 MAX serait "cruciale mais garder le 777X sur les rails sera encore plus important, et loin d'être certain".
Sur le trimestre, Boeing a aussi enregistré 246 commandes nettes. Et l'avionneur rentre du salon de Farnborough (Royaume-Uni), la semaine dernière, avec 173 commandes fermes et options exercées dans son escarcelle, soit davantage que son grand rival européen Airbus (154 commandes).
Toutes branches confondues, le carnet de commandes atteignait 715 milliards de dollars à fin juin.