La multiplication des équipements connectés et le développement de l’intelligence artificielle élargissent le champ des menaces informatiques. Lors du forum Incyber, organisé du 21 au 23 octobre à Hub & Go au Creusot, plusieurs experts ont présenté les conséquences possibles de ces évolutions sur les particuliers, les entreprises et les services essentiels. Le général Marc Watin-Augouard, à l’origine de cet événement, a notamment évoqué des attaques ayant visé des réfrigérateurs installés dans des grandes surfaces. Ces incidents illustrent les failles que peuvent présenter des appareils reliés à Internet. Selon lui, le monde pourrait compter 500 milliards d’objets connectés en 2030, ce qui rend leur sécurisation de plus en plus complexe.
Les dangers concernent également la circulation de l’information. Les outils d’intelligence artificielle permettent de produire des contenus visuels et sonores difficiles à distinguer des originaux. Ces possibilités facilitent la diffusion de fausses informations et peuvent influencer les perceptions. Les technologies embarquées dans certains accessoires, notamment les lunettes équipées de caméras, soulèvent par ailleurs des interrogations sur la collecte d’images sans consentement.
Protéger les systèmes et les utilisateurs
Les attaques informatiques peuvent aussi perturber des activités indispensables, notamment dans le secteur énergétique. Jean-Marc Autret, responsable de la sécurité chez EDF, a présenté les mesures nécessaires pour limiter ces risques. Elles consistent à identifier les vulnérabilités en amont, repérer les incidents, réduire leur impact et remettre les installations en fonctionnement. À une autre échelle, la perte d’un téléphone peut suffire à compliquer de nombreuses démarches et à exposer des informations personnelles. La protection numérique repose donc aussi sur les précautions prises au quotidien.
En Bourgogne-Franche-Comté, l’ampleur du phénomène se traduit par une hausse de 87% de la cybercriminalité sur cinq ans, selon le général de division Christophe Husson, responsable de la gendarmerie régionale. Les infractions recensées comprennent notamment le harcèlement en ligne, les atteintes aux biens et les contenus pédopornographiques. Les gendarmes développent leurs capacités d’enquête pour s’adapter à ces délits. Ils comptent également sur les victimes pour signaler les faits et déposer plainte, une démarche nécessaire pour permettre aux enquêteurs d’intervenir. Les échanges du forum ont ainsi mis en évidence l’étendue des enjeux, de la sécurité des grandes infrastructures à la protection des données individuelles.