Lancé en 2015, le programme CEPINNOV a permis de sélectionner huit variétés de vigne, dont trois à raisins blancs et cinq à raisins noirs. Elles ont été plantées sur une parcelle expérimentale de 17 ares afin d’être étudiées dans des conditions réelles. Issues de croisements naturels entre des variétés résistantes aux maladies et des cépages patrimoniaux bourguignons, notamment le Chardonnay et le Pinot Noir, elles doivent associer résistance et qualité des vins.
La sélection a commencé avec 16 000 pépins. Dès 2018, plus de 350 variétés ont été plantées et observées. Les chercheurs ont progressivement retenu les plus prometteuses en fonction de leur comportement face aux maladies, de leurs qualités agronomiques et de leurs caractéristiques œnologiques et organoleptiques. Sur la nouvelle parcelle, plus de 100 pieds de chaque variété seront suivis. Les raisins récoltés seront vinifiés, puis les vins pourront être assemblés dans une proportion maximale de 10% avant d’être dégustés et évalués.
Des essais jusqu’en 2029
Le dispositif prévoit l’arrivée de nouvelles variétés chaque année jusqu’en 2029. À terme, environ 40 variétés doivent être évaluées. Le programme est conduit conjointement par le Comité des vins de Bourgogne et le Comité Champagne, avec le soutien de la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire et du lycée de Fontaine. Une parcelle expérimentale similaire sera implantée en Champagne pour comparer le comportement des mêmes variétés dans les deux vignobles.
L’objectif est de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires sans altérer la typicité des vins. Si les résultats sont concluants, certaines variétés pourraient intégrer le catalogue français des cépages à l’horizon 2035. Des appellations d’origine contrôlée (AOC) bourguignonnes pourraient ensuite les autoriser dans leur cahier des charges, dans le cadre du dispositif VIFA, consacré aux variétés d’intérêt à fin d’adaptation. Elles seraient alors utilisées comme cépages accessoires, dans la limite de 10% des assemblages.