Comment accélérer des projets stratégiques quand l’entreprise n’a pas la taille suffisante pour disposer en interne de spécialistes reconnus ? Face à ce casse-tête, de nombreuses PME se tournent naturellement vers les ressources externes au moment de prendre certains virages comme la digitalisation des processus, l’intégration de l’IA ou encore l’épineuse question énergétique.
L’objectif est «d’avoir un regard extérieur qui vient se poser sur les particularités d’une entreprise et d’un projet avec la volonté de rassurer les banques, les partenaires mais nous aussi, quand les investissements sont conséquents», témoigne un chef d’entreprise habitué à ces collaborations limitées dans le temps.
Un recours aux experts, faute d’expertise interne dédiée
Il est vrai que les experts jouent «un rôle clé» dans l’accompagnement du changement que ce soient sur du one shot ou sur une action s’inscrivant dans la durée avec une (certaine) capacité à bousculer en interne les habitudes et à lever des blocages.
Mais, pour qu’une mission soit réussie, la condition sine qua non repose sur la relation de confiance, «un feeling» entre le dirigeant et le consultant qui accèdera à toutes les données de l’entreprise au moment d’observer le fonctionnement interne, d’analyser les difficultés et d’identifier les besoins. «S’entourer de gens compétents, prendre du recul et évaluer plusieurs scénarios», voilà tout l’enjeu du recours aux spécialistes.
La question centrale du financement
«Les coûts journaliers ne sont pas neutres quand on fait appel à ces experts. Nous avons la chance en Meuse de bénéficier d’un facilitateur et d’un sacré coup de pouce grâce aux subventions du GIP Objectif Meuse qui qui couvrent jusqu’à 80% de la prestation. Le reste à charge pour l’entreprise est minime ce qui peut aussi expliquer que de nombreux dirigeants franchissent le pas dans notre territoire. Clairement, ce soutien financier nous permet d’aller plus vite et de lever certains freins», analyse Thierry Iung, le président du Medef Meuse.
Même si la conjoncture actuelle pèsera inévitablement sur les décisions à venir. Plusieurs dirigeants meusiens interrogés attendent les conclusions de différents cabinets d’experts mais restent prudents.
«Est-ce que le projet va se concrétiser maintenant ou serait-t-il plus sage de le reporter ou de le conduire a minima ? Avec les baisses de chiffre d’affaires et les trésoreries qui se tendent, nous serons nombreux à lever le pied», prédisent certains, tout en insistant sur le bien fondé de leur stratégie :
«Les projets sont prêts et se réaliseront quand les planètes seront alignées». Vraisemblablement pas maintenant, même si tous ont conscience que pour développer leur PME, la prise de risques et l’investissement sont indispensables.