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Cartonnage Mulliez-Richebé, un siècle de réussite familiale

Depuis sa naissance en 1912, l'entreprise Cartonnage Mulliez-Richebé, spécialiste de solutions sur-mesure en packaging, PLV et emballage industriel, a su maintenir une croissance constante grâce notamment à des virages stratégiques et investissements réguliers. Depuis juin dernier, Thomas Mulliez, quatrième génération, est désormais aux commandes de l'entreprise familiale. Reportage. 


Bruno et Thomas Mulliez, désormais aux commandes de l'entreprise. © Lena Heleta
Bruno et Thomas Mulliez, désormais aux commandes de l'entreprise. © Lena Heleta

Mulliez-Richebé fait partie de ces entreprises centenaires ayant traversé les crises sans accroc et toujours avec la volonté de s'adapter aux marchés. A l'origine, Emile et Marguerite, arrière grands-parents de l'actuel dirigeant, rachètent une imprimerie à Lille qui existait depuis 1848 et la transforment en cartonnerie. «A cette époque, l'entreprise était installée dans le quartier de Wazemmes et organisée sur plusieurs étages ; elle fourmillait de partout dans son atelier, qu'on appelait même le poulailler».

Mais la logistique difficile en centre-ville amène l'entreprise familiale à poser ses valises à Chéreng, il y a maintenant 52 ans. Bruno Mulliez, troisième génération, rejoint l'aventure familiale il y a 44 ans. «Je n'étais pas destiné à reprendre la société familiale. Mon père est venu me chercher en me disant c'est important que tu viennes tout de suite, car c'est très long de se faire accepter. J'ai commencé par le statut de technico-commercial, on m'a confié le client numéro 1 de la maison, j'ai tout de suite été dans le bain» raconte cet ingénieur de formation et dirigeant de la PME entre 2003 et 2025.

© Lena Heleta

De père en fils

Depuis cet été, le fils Thomas Mulliez (35 ans), est le nouveau dirigeant. Et pourtant, le chemin n'était pas tout tracé. «Il y a 10 ans, je ne voulais pas entendre parler de l'entreprise familiale, je la voyais comme une pression négative, je n'avais pas envie d'avoir ce poids là. Mais avec les années, j'ai été séduit, ça répondait à beaucoup de mes attentes, une entreprise saine, rentable, locale, familiale, à taille humaine avec un produit passionnant et qui a de l'avenir. Finalement reprendre une entreprise familiale, c'est une source de motivation supplémentaire, ça a beaucoup de sens».

La centenaire fabrique des emballages industriels, son cœur de métier historique – qui représente 55% du CA – mais aussi de la PLV (30% du CA) et du packaging (15%) sur-mesure. «L'entreprise a pris deux virages importants. Dans les années 60, celui du carton compact au carton ondulé, et dans les années 90, un lancement d'activité autour de la PLV». Aujourd'hui, la PME a trouvé un équilibre entre ses activités phares. Résultat, elle traverse les crises «sans accroc» indique le jeune dirigeant.

Portefeuille de 500 clients

Avec environ 500 clients annuels, Cartonnage Mulliez-Richebé cible à la fois des acteurs de l'agroalimentaire, de la confiserie, de l'édition, de la cosmétique ou encore le monde brassicole. On retrouve parmi eux Décathlon, le groupe Prunelle, Origine Cycle, Pocheco... «La plupart de nos clients sont basés en Hauts-de-France mais nous réalisons également 15% de notre chiffre à l'export» précise Thomas Mulliez.

Investissements réguliers

L'entreprise, qui affiche un chiffre d'affaires de 9 millions d'euros, suit une croissance régulière mais modérée : «L'objectif est de garder ce rythme de croissance, nous sommes passés de 7M€ à 9M€ en 10 ans». Pour cela, la cartonnerie a mis en place il y a plusieurs années un bureau d'études en interne et multiplié les investissements au sein du parc machines. La toute dernière opération à hauteur de 2M€ repose sur une nouvelle ligne de production dédiée à l'activité emballage. «Nous produisons désormais 10 000 emballages à l'heure contre 3 000 jusqu'à présent. Nous gagnons donc en cadence, en nouveaux formats et réduisons les TMS1». Dans le cadre du soutien à l'emploi, la MEL a apporté une subvention de 100 000€.

Sur un marché résilient, Mulliez Richebé a donc toute sa place et entrevoit l'avenir sereinement. «C'est un marché où il y a peu de création mais peu de disparition. Le carton a un bel avenir, avec un produit recyclable à 100%» estime le jeune dirigeant. Parmi ses futurs chantiers, Thomas Mulliez souhaite accélérer la politique RSE. La PME familiale semble donc entre de bonnes mains.

© Lena Heleta

1. TMS* : troubles musculo-squelettiques.

Trois chiffres

  • 1912 : naissance de l'entreprise

  • 45 collaborateurs

  • 9 millions de CA