Travaux publics
Chardot TP à l’heure de la digitalisation
Spécialisée dans les travaux publics, le génie civil et l’exploitation de carrière, Chardot TP vient de fêter ses trente ans. À la tête de la PME familiale, Jérémy Chardot a initié un virage, dès 2016, dans la transition numérique qui permet aujourd’hui à l’entreprise meusienne, pionnière, de gagner un temps précieux et surtout de renforcer la qualité sur ses chantiers.
Anniversaire discret pour Chardot TP qui poursuit pourtant une progression sans encombre, malgré une conjoncture nationale et régionale sous tension. «En Meuse, nous sommes moins impactés et nous observons souvent un effet de décalage», analyse Jérémy Chardot qui conclut son exercice 2024-2025 par une progression du chiffre d’affaires qui atteint 15 millions d’euros, après une année 2023-2024 difficile en raison des conditions climatiques particulièrement défavorables et une pluviométrie exceptionnelle. Cette année, la météo clémente et la multiplicité des chantiers privés et publics auront permis à l’entreprise de retrouver «son rythme de croisière» avec des marchés importants autour notamment de deux usines de méthanisation en Meurthe-et-Moselle, alors qu’un projet meusien est à l’étude. Les bons résultats se sont accompagnés d’un important programme d’investissement engagé entre 2024 et 2025 avec l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments de son siège social, à Commercy, pour un montant de 400 000 euros auxquels s’ajoute l’acquisition de quatre camions nouvelle génération à faible consommation qui doivent permettre de réduire de 15% la facture pour une enveloppe de 730 000 euros. Du côté des dépenses, la PME a également investi 2.6 millions d’euros pour quatre camions rigides de carrière dédiés à un chantier de découverte où des travaux sont engagés pour trois ans. Des investissements révélant la bonne santé de l’entreprise qui a su, au fil des décennies, rebondir à chaque crise. «Pour faire face à la crise de 2008 et à un marché changeant, avec mon père qui était encore à la tête de la société, nous avons engagé une diversification en aménageant un outil industriel avec la création, au cœur de notre carrière de Ménil-la-Horgne, d’une centrale à béton en 2010 puis d’une une centrale à enrobé en 2012 et la modification de notre installation pour la fabrication de granulats», explique Jérémy Chardot. Un outil qui séduit les petites et grosses entités de Meuse et de Meurthe-et-Moselle et qui représente près de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires du dernier exercice.

Se démarquer en misant sur la technologie
Avec 75 collaborateurs, Chardot TP est désormais «le plus gros des petits, alors nous devons nous démarquer», confie le patron meusien qui a misé dès 2016 sur la digitalisation des chantiers. À cette époque, il est pionnier dans son secteur d’activité en pariant sur des engins modernes et performants grâce au guidage GPS. «Avec un opérateur qualifié et ce matériel spécifique, la productivité progresse de l’ordre de 40%», ajoute-t-il. Les avancées sont nombreuses avec une qualité de travail renforcée, une maîtrise des volumes, du temps et un renforcement de la sécurité. Au-delà du matériel, l’entreprise a recruté en 2016 un géomètre projeteur, qui travaille aujourd’hui avec un drone et des cannes GPS pour procéder aux relevés topographiques rapides et précis, loin des techniques traditionnelles. «Nous avons gagné en autonomie pour faire nos plans d’exécution et la technologie nous permet d’arriver avec des plans 3D. La preuve par l’image pour nos clients qui nous regardent différemment», estime le chef d’entreprise, conscient que la digitalisation est synonyme de crédibilité et d’efficacité. Pour atteindre ce résultat, ce sont 500 000 euros qui ont été injectés, depuis 2016, dans des matériels de guidage qui font désormais partie de leur quotidien, au même titre que les pelles et râteaux, mais aussi dans la formation du géomètre et des chefs de chantier.
Regarder vers l’avenir
En 2025, les outils de topographie et de digitalisation de chantiers affichent une facture de plus de 78 000 euros. Une dépense qui a reçu le soutien du GIP Objectif Meuse à hauteur de 62 000 euros.
«Nous n’avons pas attendu cette subvention pour investir dans ces derniers équipements qui sont le résultat de notre politique de digitalisation engagée depuis huit ans», précise Jérémy Chardot, satisfait d’avoir bénéficier de ce coup de pouce. Fin novembre, si six entreprises ont contractualisé avec l’établissement public meusien pour un accompagnement total de 818 000 euros, tous les autres signataires étaient des industriels. «Nous avons pris de l’avance dans notre secteur avec cette technologie qui pallie les manques de compétences. Il ne s’agit pas de remplacer les collaborateurs. Ce sont des outils complémentaires. Et aujourd’hui, nous ne pourrions plus revenir en arrière ; nous suivons l’évolution du métier pour faire mieux et plus vite. Nous sommes clairement passés dans une nouvelle dimension», estime le dirigeant, tourné vers l’avenir… loin de la formule consacrée «c’était mieux avant».