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Cinéma: 600 professionnels dénoncent "l'emprise" de Bolloré dans une tribune

À la veille de l'ouverture du festival de Cannes, quelque 600 professionnels du cinéma ont signé lundi une tribune, publiée dans Libération, pour dénoncer "l'emprise grandissante de l'extrême droite" sur le...
Swann Arlaud à Paris le 26 février 2026 © ALAIN JOCARD

Swann Arlaud à Paris le 26 février 2026 © ALAIN JOCARD

À la veille de l'ouverture du festival de Cannes, quelque 600 professionnels du cinéma ont signé lundi une tribune, publiée dans Libération, pour dénoncer "l'emprise grandissante de l'extrême droite" sur le cinéma par l'intermédiaire du milliardaire Vincent Bolloré.

Les signataires, parmi lesquels figurent les acteurs Swann Arlaud, Juliette Binoche, Damien Bonnard ou Adèle Haenel, le producteur Rémi Bonhomme, ou les réalisateurs Sepideh Farsi et Arthur Harari, disent ne pas vouloir "rester spectateurs".

Car "en laissant le cinéma français aux mains d'un patron d'extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif", écrivent ces producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens, et comédiens, ainsi qu'un collectif baptisé Zapper Bolloré.

Ils soulignent que le groupe Canal+, dont Vincent Bolloré est l'actionnaire de référence, "a acquis 34% du capital d'UGC, le troisième plus grand réseau de salles de cinéma françaises, avec la perspective d'acquérir 100% des parts d'ici à 2028". 

Avec cette acquisition, Vincent Bolloré "sera en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran", selon eux.

Les signataires estiment que, "derrière son costume d'homme d'affaires, le milliardaire ne cache pas qu'il mène un 'projet civilisationnel', réactionnaire d'extrême droite, à travers ses chaînes de télé comme CNews et ses maisons d'édition". 

"Si l'influence de cette offensive idéologique sur le contenu des films a été pour le moment discrète, nous ne nous faisons pas d'illusion : ça ne durera pas", préviennent-ils, appelant à "construire ensemble un mouvement capable de défendre l'indépendance".

Cette mobilisation fait suite à celle de centaines de professionnels de l'édition qui ont protesté contre le limogeage d'Olivier Nora, le PDG de Grasset, une maison d'édition du groupe Hachette, dans l'orbite de Vincent Bolloré.