Cyberattaque, inondation, incendie, mise à jour logicielle défaillante ou, à l’extrême, drones kamikazes mal tombés (pas impossible par les temps qui court). Les maux sont différents mais le résultat est le même, panique à bord au sein de l’entreprise. Le système d’information est HS, les données essentielles sont inaccessibles, la rupture numérique est là, l’activité est totalement à l’arrêt, impossible de continuer à agir !
Ces typologies de scénarios, toutes les structures les craignent et pour celles touchées (aujourd’hui notamment au niveau des cyberattaques, la question n’est pas de savoir si l’on va être attaqué mais plutôt quand, même si certaines précautions et anticipations ont été prises, rien n’est infaillible.
Dans le meilleur des cas, il faudra quelques heures mais des jours, voire des mois, sont souvent nécessaires pour retrouver une activité normale. Un laps de temps suffisant pour mettre une entreprise dans le mur ! Quid de la poursuite de son activité quand tout autour de vous est mort ?
À cette question quasi philosophique, la société nancéienne Cyber4Care propose son dispositif Archify.fr, «une solution de résilience pour assurer la continuité d’activité en mode dégradé», comme la qualifient Stéphane Gégout et Benoît Laviale, les deux pilotes de l’entreprise installée à l’école Mines Nancy sur le campus Artem.
«L’objectif est simple, c’est de permettre aux équipes de continuer à agir quand le système d’information devient indisponible. La continuité d’activité ne se joue pas uniquement sur la protection des systèmes, mais sur la capacité réelle des équipes à accéder aux bonnes informations, au bon moment».
«Même quand tout est mort, l’activité peut continuer...»
Un genre de kit de survie version numérique et digitale qui tient dans une valise. À l’intérieur, une station électrique assure une autonomie énergétique (de la taille d’une batterie de voiture), un micro serveur et un routeur. «C’est une infrastructure locale complétement indépendante du système d’information, l’entreprise peut alors se connecter sur notre dispositif my.archify.fr pour accéder à ses données essentielles».
Dispositif doublé
Une suite logicielle dédiée à la continuité d’activité, des espaces de travail structurés, des documents prêts à l’usage ou des outils collaboratifs intégrés pour la coordination des équipes (messagerie instantanée, système de visioconférence ou encore partage de documents) sont présents pour créer un environnement opérationnel «et notre système vient extraire régulièrement les données essentielles à la poursuite d’activité».
Prévoyance intégrale, le dispositif est doublé. «Il y a un système principal et un secondaire. Si le premier est indisponible, l’autre prend le relais». Reste la question des données essentielles à l’activité de l’entreprise.
«L’extraction et la préparation des données essentielles doit avoir été effectuées préalablement à la crise. C’est là que les mentalités se doivent d’évoluer. Il est certain qu’aujourd’hui les entreprises, comme bon nombre de structures gérant des données sensibles, affichent une dépendance structurelle à leurs systèmes d’information», assurent les deux associés.
C’est sur l’extraction de ces fameuses données que les recherches et le travail se sont opérés et affinés au sein de l’Incubateur Lorrain. Cyber4Care obtient alors le statut de Jeune entreprise universitaire.
Les deux cofondateurs, professionnels de la tech qui se sont rencontrés à l’occasion d’une édition du Cyberhumanum Est, exercice de cyberguerre universitaire et affichant chacun des expériences professionnelles dans cet univers, sont épaulés par des pointures du secteur : Claire Gardent, directrice de recherche au CNRS, et Jean-Yves Marion, professeur à l’Université de Lorraine et expert en cybersécurité.
Licence de production en poche (issue des travaux développés au CNRS et contractualisée avec la SATT Sayens : NDLR), leur solution est déjà présente au port autonome de Strasbourg, à l’hôpital européen de Marseille ou encore à la Ville de Vandœuvre. Objectif affiché : installer entre 300 et 400 de leur kit de survie numérique version poursuite d’activité dans les cinq ans.