Ce 12 mars, Damartex a présenté les résultats du premier semestre de son exercice 2025-2026. Pour le groupe, basé à Roubaix, les chiffres révèlent «un renforcement de ses fondamentaux et confirment l’amélioration de sa profitabilité». Nicolas Marchand, président du directoire de Damartex le reconnaît : «Nous opérons actuellement dans des marchés qui sont complexes et sous pression». Le chiffre d'affaires du semestre connaît ainsi une diminution de 1,9% pour atteindre 279,3 millions d'euros. Depuis 2021 où il a connu une baisse d'activité marquée, le groupe n'a pas encore retrouvé une dynamique de croissance et traverse une phase de stabilisation.
La stratégie de l'entreprise est claire : «Notre première priorité est d'améliorer les fondamentaux de la performance à tous les niveaux» poursuit le président du directoire. Un objectif appliqué aux trois pôles d'activités avec des résultats contrastés mais qui a permet d'augmenter l'EBITDA opérationnel de 11,9% pour atteindre 14,1 millions d'euros. Le résultat net s'améliore également passant de -4,1 à -1,8 million d'euros. Cependant, si la dette nette se résorbe doucement, elle représente encore -102,8 millions d'euros, soit 7 fois l'EBITDA.
Damart, la locomotive du groupe
Malgré, notamment, la concurrence indirecte des acteurs tels que Shein, Temu et Aliexpress, qui «ont un impact fort sur la perception prix du marché», le pôle «fashion» est le plus solide. Il affiche un chiffre quasi stable (216,8 millions d'euros), une forte amélioration de la rentabilité et un EBITDA en augmentation de 27%. Damart apparaît comme la locomotive du groupe puisqu'il représente 71% du chiffre d'affaires total. Sa petite sœur, la marque Xandres, n'entre, pour sa part, qu'à hauteur de 7% dans l'activité.
Ces bons résultats du pôle «fashion» traduisent une amélioration des marges liée à plusieurs leviers d'actions : une baisse des promotions, une optimisation logistique grâce à des investissements et une réduction de 20% des envois de catalogues. La vente en magasins (102,6 millions d'euros) est désormais passée en tête des canaux de commercialisation (37% des ventes, +3,8%) devant la vente à distance (91,1 millions d'euros, 33% en régression de 9,1%). Les ventes «mobile et web» progressent de 1,3%. Le repositionnement de la marque Damart porte donc ses fruits.
Le pôle «home et lifestyle» déçoit
En revanche, le pôle «home et lifestyle» (17% de l'activité du groupe) apparait en difficulté avec une chute du chiffre d'affaires de 7,2% (47,8 millions d'euros) et un EBITDA à -2,8 millions d'euros. «Les résultats sont assez décevants en termes de ventes et de profitabilité finale au regard des améliorations opérées» constate Nicolas Marchand. Le passage de la vente à distance par catalogue vers le digital semble plus lente que prévue. Par ailleurs, pour Damartex, les performances de ses deux marques, Coopers et 3 Pagen, sont impactées par des investissements logistiques de près d'un million d'euros dont les effets positifs devraient être observables dans les prochains mois.
Un pôle santé qui cherche toujours ses repères
Enfin, le pôle santé est moins porteur que prévu. Sa croissance reste très faible (+1,2%) en raison, notamment d'évolutions réglementaires et budgétaires de l'État. Une situation qui engendre «des coûts additionnels» et aboutissent à «un effet de marge sous pression dans l'ensemble du secteur de la santé» analyse le président du directoire. Face à la réforme VPH (Véhicule pour Personnes en situation de Handicap), Damartex a ainsi dû s'adapter. «C'est pour nous une très grande transformation, nous passons d'un modèle de location à un modèle de vente» développe Nicolas Marchand. Almadia (matériel médical et maintien à domicile), MSanté (soins techniques à domicile : perfusions, nutrition) et Santéol (maladies respiratoires et appareils respiratoires à domicile) affichent un chiffre d'affaires de 14,7 millions d'euros (8,2% de l'activité globale au 31 décembre 2025 contre 14,4% un an plus tôt).
Après une phase de stabilisation, le groupe Damartex entend désormais améliorer ses résultats. Un objectif qui passe par une optimisation des marges. Pour retrouver son souffle, il lui faudra réussir à se développer dans le marché de la silver économie.
Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont