Dossier
Consommation

E-commerce : la dynamique résiste

Les ventes en ligne ont progressé de 6,6% au premier semestre 2026, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance. Mais l’accélération spectaculaire de juin masque une consommation toujours sous contrainte. À l’approche de la présidentielle, la Fevad entend défendre la compétitivité des entreprises françaises face aux plateformes étrangères et au risque d’une nouvelle pression fiscale.

© master1305 / Adobe stock (Généré à l’aide de l’IA).

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Le e-commerce français devrait franchir cette année la barre des 200 milliards d’euros de ventes. Les Français commandent davantage, mais dépensent moins à chaque achat et privilégient les périodes promotionnelles. Au deuxième trimestre 2026, les ventes de produits et de services sur Internet ont atteint 52,2 milliards d’euros, en hausse de 8,5% sur un an, selon la Fevad. Cette progression repose toutefois largement sur un mois de juin hors norme, durant lequel les ventes de produits du panel iCE 100, composé de plus d’une centaine de sites majeurs et n’intégrant ni Shein ni Temu, ont bondi de 12,2%. Les fortes chaleurs ont dopé les achats d’équipements de rafraîchissement et de climatisation, tandis que les soldes, ventes privées et opérations commerciales se sont multipliées. «Le retour à un rythme plus modéré en juillet invite toutefois à ne pas surinterpréter ce pic», prévient Marc Lolivier, délégué général de la Fevad.

Des achats plus fréquents mais moins élevés

En juillet, les ventes de produits n’ont plus progressé que de 4,8%. Surtout, la croissance repose davantage sur la multiplication des commandes que sur les sommes dépensées. Le nombre de transactions a augmenté de 13,5 % au second trimestre, tandis que le panier moyen reculait de 4,3%, à 59,70 euros. «La baisse du panier moyen rappelle que le pouvoir d’achat reste au cœur des arbitrages», souligne Marc Lolivier.

Le numérique s’impose parallèlement comme un relais de croissance pour les enseignes issues du commerce physique. Pour Marc Lolivier, vouloir protéger les magasins en taxant les ventes en ligne repose donc sur une opposition dépassée : «Aujourd’hui, le commerce, c’est du commerce».

Autre évolution observée par la Fevad : le recul de l’audience des principales plateformes chinoises en juillet, premier mois d’application du droit de douane européen de 3 euros par catégorie d’articles, sur les petits colis importés. Sur un an, la fréquentation mensuelle a chuté de 36,4% pour Temu, de 42,3% pour Shein et de 10,4% pour AliExpress. Si l’audience ne préjuge pas directement des ventes, rappelle le délégué général, cette rupture constitue un premier signal. «Ces premiers résultats montrent que des mesures coordonnées au niveau européen peuvent être réellement efficaces», estime Marc Lolivier, tout en appelant à attendre les prochains mois pour confirmer la tendance.

Porter la voix du secteur en 2027

À quelques mois de l’élection présidentielle, la Fevad veut faire entendre ses priorités. «Nous entendons bien porter la voix du secteur, des entreprises et des professionnels», affirme son délégué général. Une plateforme participative doit permettre aux acteurs du e-commerce d’élaborer des propositions qui seront ensuite présentées aux candidats. La fédération défendra notamment un cadre concurrentiel identique pour les acteurs français, européens et étrangers, avec un mot d’ordre : «Même marché, mêmes règles, mêmes contrôles, mêmes sanctions». Elle entend également préserver les capacités d’investissement des entreprises et accompagner le développement de l’intelligence artificielle appliquée au commerce. La Fevad prévient enfin qu’elle s’opposera à de nouvelles taxes sur les entrepôts ou les livraisons. Celles-ci risqueraient, selon elle, de réduire les moyens consacrés à l’innovation et à la sécurité, tout en affaiblissant les entreprises françaises face à leurs concurrentes étrangères.