En bref

En attendant Zemmour, Sarah Knafo continue d'écrire son histoire

Son parti n'a pas encore de candidat à l'Elysée, mais Sarah Knafo a déjà un programme économique clé en main, toujours aussi radicalement de droite et libéral. Elle le dévoile dans un premier livre, promis au succès avec le soutien du groupe Bolloré. Pour...
Sarah Knafo, le 15 mars 2026 à Paris © GEOFFROY VAN DER HASSELT

Sarah Knafo, le 15 mars 2026 à Paris © GEOFFROY VAN DER HASSELT

Son parti n'a pas encore de candidat à l'Elysée, mais Sarah Knafo a déjà un programme économique clé en main, toujours aussi radicalement de droite et libéral. Elle le dévoile dans un premier livre, promis au succès avec le soutien du groupe Bolloré. Pour propulser la campagne d'Eric Zemmour ou la sienne ?

En année présidentielle, la rentrée littéraire est celle des ambitions. Olivier Faure se lance dans une primaire, François Hollande s'imagine en recours, Jordan Bardella se prépare pour Matignon.

Sarah Knafo, elle, jure que "ce n'était pas l'intention", que le manuscrit aurait dû paraître plus tôt. Il n'empêche, "ça ne pouvait pas mieux tomber", avec une campagne qui "démarre sur des sujets économiques" et une première joute entre favoris organisée devant le Medef.

L'air du temps est porteur. Son éditeur Fayard l'a bien senti, avec un premier tirage à 100.000 exemplaires et déjà plus de 30.000 préventes en un mois, selon l'entourage de Sarah Knafo, avant la sortie officielle ce mercredi.

Démarrage en trombe, doublé d'une promo intensive depuis la semaine dernière : "bonnes feuilles" au Figaro, interviews au Point et au JDD, matinale de RTL, sans oublier un passage sur CNews... La vice-présidente de Reconquête est partout et sa tournée médiatique n'est pas terminée.

A qui veut l'entendre, elle répète que "Le Casse du siècle" n'est "pas un ouvrage partisan" mais "une enquête" sur un gigantesque "crime en cours". Aucune révélation pourtant, au fil des 286 pages où l'autrice s'évertue à démontrer, chiffres publics à l'appui, sa thèse politique : l'impôt serait un vol en bande organisée, au service d'un Etat dilapidateur.

Renouant avec sa vocation initiale, l'ex-auditrice à la Cour des comptes, formée à Sciences Po et à l'ENA, joue tour à tour le rôle de magistrate instructrice, de procureure et de juge - sans craindre la nullité pour vice de procédure.

Quand tombe son verdict, les coupables désignés sont ses suspects habituels (élus, médias, bureaucratie...), tandis que milliardaires et marchés ont été d'emblée mis hors de cause.

Ce n'est que le début

Mais là n'est pas l'essentiel. Au détour d'un chapitre, dans un tableau, Sarah Knafo expose son plan de coupes massives des dépenses publiques. Version augmentée de son contre-budget présenté l'an dernier, qui incluait déjà la suppression de l'aide au développement et la privatisation de l'audiovisuel public, entre autres.

Elle y ajoute la limitation du RSA à trois ans pour les personnes "en capacité de travailler" et surtout la suppression de 800.000 postes en cinq ans dans la fonction publique - uniquement par des départs non remplacés et en épargnant enseignants, soignants, policiers et militaires.

Au total, il y en aurait pour 130 milliards d'euros d'économies. Largement assez pour réduire à peau de chagrin la CSG pour les actifs et "abolir" les droits de succession. Et encore, "ce n'est que le début de ce qu'il faut faire", dit-elle, assurant que son parti proposera bientôt "un plan beaucoup plus important".

Un projet qui pourrait devenir celui de "l'union des droites" qu'elle prônait déjà aux dernières municipales à Paris. A condition que d'autres candidats s'y rallient: "je ne désespère pas de les convaincre", assure-t-elle, même si avec Bruno Retailleau ou Marine Le Pen, "nous n'avons pas des différences de degrés, mais de philosophie".

L'oeuvre sera bien utile, en revanche, à son compagnon Eric Zemmour, dont la stratégie identitaire avait précipité l'échec en 2022. "Dans l'image qui en est restée, beaucoup ont dit +il ne s'intéresse qu'à l'immigration+", alors qu'il "a parlé d'économie mais a été beaucoup plus entendu sur d'autres thèmes", reconnaît-elle.

Avec ce livre, "je pense qu'on ne pourra plus jamais nous faire ce reproche", ajoute celle qui a quoi qu'il arrive une place réservée "dans le dispositif" de son "candidat naturel" mais pas encore déclaré.

Pour l'annonce, il faudra patienter encore un peu. Ce ne sera a priori pas à la foire de Châlons-en-Champagne, où le patron de Reconquête fera sa rentrée jeudi. Ni aux universités d'été du parti, les 12 et 13 septembre au Port-Marly (Yvelines).

D'ici là, Sarah Knafo aura entamé sa tournée de dédicaces. Au moins une vingtaine de dates sont programmées jusqu'en novembre. L'occasion de jauger sa popularité au plus près des (é)lecteurs.