Le lancement de la tournée nationale de FFI a tenu toutes ses promesses dans la capitale des Flandres le 24 septembre. Captivée par des discours percutants, l'assemblée de 300 personnes était composée principalement de dirigeants d'entreprises familiales mais aussi de personnalités bien connues du paysage politique et économique français à l'image de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, Renaud Dutreil, investisseur, ancien Secrétaire d’État et Ministre des PME, Natacha Polony, essayiste et éditorialiste, ou encore Pierre Gattaz, PDG de Radiall, ex-président du MEDEF entre 2013 et 2018. L'affluence à cet événement témoigne de la place centrale qu'occupent les entreprises familiales dans l'économie régionale et française. Et pourtant leur transmission n'a jamais été si compliquée. En effet, en France, seuls 17% des enfants de dirigeants reprennent l'entreprise familiale contre 50% en Allemagne, 67% en Italie, et plus de 80% en Suède (1). La France peine donc à transmettre ses entreprises familiales, menaçant 3 millions d'emplois.
Les clés d'une transmission réussie
Si aujourd'hui en France le pacte Dutreil permet d'alléger l'impôt sur les successions, la transmission peut être vue comme un véritable parcours du combattant avec des démarches perçues comme très complexes. Marc Mureau, directeur du centre d'affaires entreprises des Hauts-de-France, Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, a profité de l'événement pour livrer les clés d'un processus de transmission réussi. «Nous devons regarder la transmission sous quatre angles : le capital, qui seront les actionnaires de demain ? ; la gouvernance, qui va prendre les décisions ? ; le management, qui sera le manager opérationnel ? Familial ou non ; et enfin quel est le projet, quelle ambition pour l'entreprise ?»
« C'est rarement la même copie d'une génération à une autre »
La difficulté peut également résider dans le changement de vision : «C'est rarement la même copie d'une génération à une autre, il y a un vrai renouvellement et le projet doit être bien clair dès la transmission». Invitée spéciale de la table ronde, Gaëlle Doublet, présidente du groupe Doublet à Avelin spécialisé historiquement dans la confection de drapeaux mais également la signalétique et l'équipement événementiel, a confirmé les propos : «Pour parvenir à une transmission d'entreprise familiale, la question d'équilibre et de compétences prime. La clé est de bien transmette le savoir-faire, quelle que soit la taille de l'entreprise mais aussi de placer les bonnes personnes à la direction, issues de la famille ou non, comme dernièrement chez Doublet».
L'industrie touchée de plein fouet
Présent en tant qu'intervenant, Pierre Gattaz, PDG du groupe industriel Radiall, spécialisé dans les composants électroniques, déplore la perte de 2 millions d'emplois industriels en France sur 40 ans. L'ex-patron du Medef s'insurge contre l'impact de certaines fiscalités notamment les droits de succession jugés trop élevés, pesant sur les entreprises et entraînant des fermetures ou des pertes d'emplois colossales. «L'industrie est passée de 20% à 10% du PIB. Nous avons perdu deux millions d'emplois. Soit on continue de subir, soit on se bat». De son côté, Natacha Polony, éditorialiste et directrice de la revue trimestrielle l'Audace, a mis l'accent sur l'équilibre entre les différents acteurs économiques. «L'enjeu est de trouver une équation entre l'Etat, les entreprises et les salariés. Il faut inclure davantage les salariés […] Il y a un patrimoine des entreprises à préserver».
1. Sources : Chaire Dauphine “Entreprises familiales et investissements de long terme”