Dossier

Face aux difficultés d'accès aux financements, Eurasanté ressert sa cohorte

C'est sans faux semblants qu'Eurasanté a présenté le bilan de l'année 2025. Malgré une activité toujours aussi dynamique dans la filière santé-nutrition, le secteur souffre d'un accès de plus en plus difficile aux financements. La conséquence est directe pour le parc : il y aura davantage de sélection dans les dossiers et un accompagnement repensé.

Le HUB, livré en janvier 2025, affiche déjà un taux de remplissage de 65%. ©BAMBAM Production

Le HUB, livré en janvier 2025, affiche déjà un taux de remplissage de 65%. ©BAMBAM Production

La cohorte a été «resserrée». Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'Etienne Vervaecke annonce cette décision. Mais le directeur du GIE (Groupement d'Intérêt Economique) Eurasanté n'a pas vraiment d'alternatives : «Nous avons fait le choix de diminuer le nombre de projets accompagnés, tout simplement parce qu'on sait qu'ils ne trouveront pas de moyens de financements. Les dispositifs d'accompagnements restent ouverts : en 2025, on parle de 37 nouveaux projets mais ils n'entreront pas tous dans le bio-incubateur. Le contexte est tel qu'il y a moins de gestionnaires de fonds et que les capitaux alloués en early stage sont en réduction» explique-t-il. Pour autant et malgré les difficultés, Etienne Vervaecke reste optimiste et se réjouit avec «fierté» de la qualité de l'innovation et de la recherche en Hauts-de-France.

2025 a par exemple été marquée par la levée de fonds de 43 millions d'euros de Lattice Medical – «une des plus belles levées pour les medtech en France» pour Didier Delmotte, président d'Eurasanté – et au total, 111 millions d'euros levés par les entreprises régionales de la filière l'an dernier contre... 35 en 2024 ; preuve d'un dynamisme toujours grandissant. Mais pour rester en phase avec la conjoncture économique, Eurasanté doit réinventer ses programmes d'incubation.

Stabilité de la croissance pour le parc

Dans un contexte immobilier marqué par les tensions économiques, les transactions sur le parc sont restées stables. En 2025, 17 transactions ont été réalisées (contre 18 en 2024) et Eurasanté compte 208 structures implantées pour 3 800 emplois, là aussi en stabilité. L'année a surtout été celle de la montée en puissance du HUB, ce bâtiment totem livré en janvier 2025, dont le taux de remplissage est aujourd'hui de 65%. «Avec le HUB, nous voulons permettre à nos start-up d'évoluer dans un lieu facilitant et nous arrivons à capter des projets en dehors des Hauts-de-France» détaille Etienne Vervaecke. C'est par exemple le cas de NanoReviv, start-up nantaise fondée par le Dr Amokrane Reghal et spécialisée dans la vectorisation des antibiotiques pour lutter contre les infections bactériennes résistantes.

Beau score du côté de la création d'entreprises avec 30 nouvelles sociétés sur les quatre incubateurs Eurasanté, Euralimentaire, Eurasenior et Vivalley qui ont accompagné au total 136 projets. C'est par exemple le cas d'Horssol, créé en février 2025 par Timothé Frealle et qui a imaginé une ferme verticale de culture en environnement contrôlé pour assurer la souveraineté sanitaire.

Côté projections, 2026 semble malheureusement aller sur la même tendance que l'année écoulée : «La surabondance de moyens n'est pas le menu que nous allons connaître dans les prochaines années. Mais nous devons nous mobiliser aux côtés des entreprises de la filière et passer du temps avec elles. On ne va pas arrêter les levées de fonds mais les conditions ont changé. On risque de connaître, en 2026, des arrêts de projets qui sont pourtant utiles et importants...» prévient Etienne Vervaecke.