Au niveau national, la lutte contre la fraude sociale reste à un niveau soutenu, avec près de 1,5 milliard d’euros de redressements en 2025. Une dynamique dans laquelle s’inscrit pleinement l’Urssaf Lorraine, dont le siège est basé à Metz et où s’est tenue la conférence de presse de présentation du bilan annuel le 8 avril dernier.
Dans la région, les montants redressés atteignent 18,69 millions d’euros, confirmant la tendance des dernières années. Sur une décennie, ces redressements ont été multipliés par plus de trois, traduisant un renforcement continu des moyens et des méthodes de contrôle. En 2025, 1 428 actions ont été menées, en hausse de 24% sur un an, dont une part croissante d’actions ciblées.
Le travail dissimulé demeure au cœur des infractions constatées. La dissimulation d’emploi salarié représente à elle seule près de 10,5 millions d’euros redressés, tandis que la dissimulation d’activité atteint 7,7 millions d’euros. Sans surprise, les secteurs du BTP, des services aux entreprises et du commerce figurent parmi les plus exposés.
Autre enseignement marquant de ce bilan, la progression des dossiers à dimension transfrontalière, un enjeu particulièrement sensible en Moselle. Plusieurs enquêtes portent sur des montages entre la France et le Luxembourg visant à contourner l’affiliation au régime social français.
Au-delà du travail dissimulé, l’Urssaf Lorraine a également recensé 109 cas de fraudes diverses, principalement liées à l’affiliation ou à des falsifications documentaires.
Pour renforcer son efficacité, l’organisme s’appuie sur le datamining et des coopérations accrues avec les services de l’État. Une stratégie qui s’inscrit dans l’objectif national de 5,5 milliards d’euros de redressements sur la période 2023-2027, illustrant l’ampleur du défi à relever.