La journée d’inauguration a débuté par une visite guidée en bus de l’extension du port. Au micro, le président-directeur général de la SEPD commente le trajet : «Ici, une trentaine de bâtiments ont vu le jour, 20 kilomètres de parking, 3 passerelles, une digue de 3,2 kilomètres a été érigée, et nous avons gagné 45 hectares sur la mer.» Ce projet ambitieux, il n’en a jamais douté, persuadé que le port serait rentable rapidement et que les 860 millions d’euros seraient remboursés.
Plus encore, il ose déjà parler avenir. «J’ai voulu ce port évolutif, on peut encore construire 6 passerelles complémentaires à moindre coût dans les prochaines années. Les futurs investissements seront forcément liés à l’accroissement du trafic.» Les membres de la direction du port souhaitent d'ailleurs, dans un premier temps, consolider la ligne Calais-Sheerness afin de passer de 60 000 remorques transportées à 120 000 par an. Ensuite, ils visent l’ouverture vers l’Est et le développement du train transportant des remorques. Des échanges ont d'ores et déjà eu lieu avec la Pologne.
Un bijou de technologie pour l’avenir
«Ça fait 18 ans que je suis sur le projet et je suis content d’avoir fait quelque chose de ma vie. Maintenant, je peux mourir le plus tard possible car ça va durer 100 ans au minimum !» confie Jean-Marc Puissesseau. L’exploitation du port se veut elle aussi plus moderne. Les postes sont équipés chacun d’une passerelle roulière flottante de 100 mètres de long, 32 de large, pour un poids avoisinant les 2 000 tonnes. Avec leurs 4 voies, elles permettent un chargement et un déchargement plus rapides, et elles peuvent accueillir des navires toujours plus longs, à l’image du dernier bateau de DFDS, le Côte d’Opale, qui mesure 235 mètres.

De plus, les crocs de largage, qui permettent d’amarrer les bateaux, sont tous automatisés. «Grâce à ces crocs de largage, plus de bateaux peuvent s’amarrer, on a besoin de moins de main-d’œuvre et c’est un gain de temps», explique le président de la SEPD. Des concentrés de technologie donc, installés pour un avenir meilleur et plus performant. Pour ce projet, Jean-Marc Puissesseau a reçu une distinction : le maire de Calais, Natacha Bouchart, lui a remis la médaille d’or de la Ville de Calais.