Interview

Jean-Pierre Kucheida, président de l’Acom : «Pourquoi ne pas utiliser le gaz que nous avons chez nous ?»

Jean-Pierre Kucheida, président de l’Acom France*, interpelle les candidats à l’élection présidentielle sur les ressources énergétiques françaises. Seconde partie de l’entretien. 

Jean-Pierre Kucheida, président de l’Acom France.

Jean-Pierre Kucheida, président de l’Acom France.

Selon vous, l’une des ressources inexploitée concerne le gaz de charbon. De quoi s’agit-il ?

Le gaz de charbon est différent du gaz de mine, il s’agit du méthane contenu dans des veines de charbon qui n’ont jamais été exploitées. En Lorraine, la Française de l’énergie a mené des recherches pendant plusieurs années et, selon ces travaux, les ressources en gaz de charbon représenteraient l’équivalent de quatre à cinq années de consommation française… ce n’est pas négligeable ! 

C’est une ressource qui pourrait être utile à l’industrie et à la population. Or le projet d’exploitation a été refusé et le Conseil d’État a confirmé cette impossibilité. Je le regrette profondément, car dans le même temps nous importons du gaz depuis les États-Unis qui émet 10 fois plus de carbone ! 

Ces recherches ont également permis de découvrir de l’hydrogène naturel ?

Un forage réalisé en Lorraine, jusqu’à environ 3 650 mètres, a confirmé sa présence, et les estimations évoquent un potentiel très important, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de tonnes par an. La particularité de cet hydrogène est qu’il pourrait se renouveler naturellement. Nous ne sommes donc pas dans le schéma classique d’un gisement que l’on vide progressivement.

Que répondez-vous à ceux qui privilégient exclusivement les énergies renouvelables ?

Je suis bien entendu favorable aux énergies renouvelables, mais nous devons regarder toutes les possibilités dont nous disposons. Le président de la République disait encore récemment que la France aurait besoin de gaz pendant plusieurs décennies. Pendant cette période de transition, avant de disposer de suffisamment d’hydrogène et de nucléaire pour couvrir tous nos besoins, pourquoi ne pas utiliser le gaz que nous avons chez nous plutôt que d’importer du gaz qui nous coûte beaucoup plus cher ?

Quel message voulez-vous finalement adresser aux futurs candidats ?

Je leur demande simplement de tout faire pour réduire notre dépendance énergétique et notre balance commerciale en utilisant les ressources présentes sur le sol national. Nous ne pouvons pas demander à d’autres pays de produire notre énergie tout en laissant inexploitées, chez nous, des ressources qui pourraient contribuer à notre souveraineté.

*Association des communes minières de France