Économie en berne ! C’est ainsi que l’Insee Grand Est résume la conjoncture régionale suite à la parution de son enquête, la semaine dernière, sur la situation économique du Grand Est en 2025.
«Dans le Grand Est, l’activité a diminué dans les principaux secteurs», note l’Insee dans sa synthèse annuelle.
«Avec -0,7% en un an, le recul du nombre d'heures rémunérées y est plus fort qu’en France. Cette diminution concerne toute l’économie marchande (industrie, construction, activités tertiaires) et non marchande».
Dans la construction : «le nombre d’heures rémunérées se replie sur tout le territoire régional, avec des baisses allant de -3,1% dans le Haut-Rhin à -0,5% dans la Marne».
Dans l’industrie : «la diminution varie de -3,5% en Meurthe-et-Moselle à -0,6% dans la Meuse».
Dans le tertiaire : «les évolutions sont plus contrastées d’un département à l’autre. Le volume d’heures rémunérées s’accroît dans la Marne et les Ardennes (+0,7%), alors qu’il recule plus que la moyenne en Moselle, dans la Meuse et les Vosges (entre -1% et -0,8%)».
Des sous-secteurs dynamiques
Reste que certains sous-secteurs demeurent dynamiques : «les services aux entreprises dans les Ardennes (+6,8%) et l’hébergement-restauration dans la Marne, la Haute-Marne, la Moselle, les Vosges ou le Haut-Rhin (entre +2,2% et +3,7%). L’activité progresse dans le secteur des transports et de l’entreposage dans le Bas-Rhin, et surtout dans la fabrication de matériels de transport dans la Meuse (+9,6%)».
Dans l’agriculture : «les rendements progressent pour les productions végétales. Si les cours sont en baisse pour les céréales, ils sont plutôt en hausse pour les productions animales. Dans la viticulture, les exportations sont en repli cette année».
Le tourisme : apparaît s’afficher comme l’un des secteurs les plus porteurs au niveau de l’économie régionale. «Après un repli en 2024, la fréquentation touristique dans la région a progressé de 2,3% en 2025 totalisant près de 23 millions de nuitées dans les hôtels, campings et autres hébergements collectifs». «Une hausse principalement portée par un rebond significatif des campings. À eux seuls, ils enregistrent une augmentation de près de 10%».
L’entrepreneuriat, nouveau visage ?
Côté création d’entreprises : en 2025, le nombre de créations d’entreprises continue d’augmenter par rapport à 2024 (+1,7%), mais à un rythme quatre fois moins fort que l’année précédente, et moins vivement qu’au niveau national (+4,9%).
«Après le record atteint en 2024 (plus haut niveau depuis 25 ans), une nouvelle limite historique a donc été franchie : plus de 68 000 nouvelles entreprises ont été créées dans la région. Ce ralentissement s’explique par l’atténuation de la dynamique des micro-entreprises, même si celles-ci restent clairement la composante motrice des créations».
Pour les entreprises classiques, en repli de 10% par an depuis 2019, la tendance s’inverse en 2025 (+1,7%). «Les créations dans la construction sont encore en forte baisse (-7,6%) et même un peu plus que les deux années précédentes. À l’inverse, l’augmentation sectorielle la plus importante est celle des services aux entreprises (+4,2%). Bien que nettement moins dynamiques qu’en 2024, les immatriculations d’entreprises dans le commerce, le transport, la restauration et l’hébergement progressent également (+2,9%). Dans les services aux particuliers, la croissance est très modeste (+0,6%) et quasi nulle dans l’industrie».
Défaillances, disparités territoriales
Dans le chapitre défaillances d’entreprises dans la région : «le nombre de redressements et liquidations judiciaires demeure identique à celui de 2024, alors qu’il est en nette hausse au niveau France entière (+3,5%). Cela situe le Grand Est au 3e rang des régions les plus résilientes face aux difficultés du tissu productif».
Pour l’Insee, 2025 a été une année d’accalmie pour les défaillances d’entreprises. «L’an passé, l’accroissement des défaillances était respectivement de 8,6% dans la région et de 17,7% à l’échelle nationale».
Cette évolution régionale masque cependant des disparités importantes tant sectorielles que territoriales. «Le nombre d’entreprises en difficulté a fortement augmenté dans l’agriculture (+25%), l’hébergement-restauration ou encore le soutien aux entreprises (+8% et +6%). En revanche, les redressements et liquidations judiciaires diminuent dans le transport-entreposage (-20%), les activités immobilières et les activités financières et d’assurance (-7% et -4%)».
Avec +24% de défaillances, l’Aube est le département qui a perdu le plus d’entités économiques en 2025, suivi de la Moselle et du Bas-Rhin (+7% et +4%). À l’inverse, le Haut-Rhin et la Meurthe-et-Moselle sont les départements qui résistent le mieux (-12% et -7%).
Au final, une résilience générale apparaît, de nouveau, ressortir. Reste qu’avec l’évolution actuelle et les incertitudes planantes sur bon nombre de points, la grande question est de savoir jusqu’à quand cette résilience va-t-elle durer ?