Dossier

La BCE bousculée par le choc énergétique

La flambée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient dominera la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, avec des conséquences encore incertaines sur l'inflation. 

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, le 9 févruer 2026 à Strasbourg © FREDERICK FLORIN

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, le 9 févruer 2026 à Strasbourg © FREDERICK FLORIN

La flambée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient dominera la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, avec des conséquences encore incertaines sur l'inflation et la croissance en zone euro. Le conflit a entraîné une quasi-paralysie du détroit d'Ormuz par l'Iran — passage clé par lequel transite environ 20% du pétrole mondial — ainsi que des attaques contre des infrastructures énergétiques du Golfe, faisant bondir les prix du pétrole et du gaz.

L'impact se fait sentir en Europe sur les prix de l'essence à la pompe et dans les entreprises, en particulier celles énergivores.  De quoi, en cas de prolongation du conflit, fragiliser davantage une croissance déjà poussive et gonfler l'inflation, le pire des scénarios pour la BCE. Si des tensions inflationnistes poussent généralement à relever les taux, la BCE devrait néanmoins selon les économistes laisser les siens inchangés dans l'immédiat, le temps d'évaluer les répercussions d'un conflit qui n'en est qu'à sa troisième semaine. D'autres banques centrales ont déjà opté pour la prudence. La Réserve fédérale américaine a maintenu mercredi ses taux inchangés pour la deuxième réunion consécutive, expliquant que les implications des événements au Moyen-Orient pour l'économie américaine sont incertaines. 

Nouvelles projections

La BCE se décidera sur son cap monétaire en fonction de nouvelles projections économiques à l'horizon 2028.  Un exercice reposant normalement sur des hypothèses arrêtées un mois à l'avance, mais qui devrait cette fois intégrer au moins partiellement les hausses du prix du Brent et du gaz observées depuis fin février, avec leurs effets difficiles à jauger sur l'économie réelle. Felix Schmidt, économiste chez Berenberg, estime que la patronne de la BCE, Christine Lagarde, insistera très probablement devant la presse sur le degré d'incertitude exceptionnel et sur une approche dépendante des données, réunion par réunion. La semaine dernière, elle avait affirmé que l'institution monétaire ferait tout ce qui est nécessaire pour maîtriser l'inflation. Un message qui pourrait également être réitéré.