Maisons et Cités, la communauté de communes de l’Aire Cantilienne et la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA)... la Chambre régionale des comptes (CRC) Hauts-de-France a publié vendredi 30 octobre trois rapports mettant en lumière, parfois sévèrement, des situations financières contrastées et des axes d’amélioration dans leur gestion.
Elle s’est notamment intéressée à la gestion de Maisons et Cités, premier bailleur social de la région, de la Communauté de communes de l’Aire Cantilienne, dans l’Oise, et de la Chambre de métiers et de l’artisanat des Hauts-de-France (CMA).
- Maisons et Cités : 2,4 milliards d’euros de dette. Avec un patrimoine de 64 000 logements individuels, principalement situés dans l’ancien bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais, le bailleur occupe une place centrale dans le logement social régional. La période 2020-2024 a été marquée par une hausse de son endettement, qui atteint 2,42 milliards d’euros. Cette progression finance principalement un vaste programme de rénovation et de réhabilitation du patrimoine, notamment dans le cadre de l’Engagement pour le renouveau du bassin minier (ERBM), qui a toutefois pris du retard en début de période. La CRC estime que la société dispose d’une capacité de financement suffisante pour couvrir ses dettes tout en préservant ses fonds propres. Pour la période 2025-2034, Maisons et Cités prévoit de consacrer 1,8 milliard d’euros à la réhabilitation de son parc immobilier. Si la fonction achat est globalement bien pilotée, le suivi présente encore certaines lacunes
- CMA : des comptes mal tenus malgré une situation financière soutenable. La Chambre de métiers et de l’artisanat des Hauts-de-France, confrontée ces dernières années à plusieurs réformes structurelles, dont la régionalisation, la fin de la tenue du registre des métiers et la réforme de l’apprentissage. Malgré des comptes jugés insuffisamment tenus, la situation financière de la CMAR demeure soutenable. La chambre identifie toutefois plusieurs fragilités : absence de comptabilité de stock, gestion défaillante des régies, publication incomplète des comptes et absentéisme des élus. Elle relève également un manque de contractualisation et un cadre stratégique insuffisant.Pour consolider son modèle, la CMAR devra notamment rationaliser son patrimoine foncier, aujourd’hui abondant et sous-occupé, mieux maîtriser sa masse salariale et mobiliser son épargne. La CRC préconise l’adoption d’une stratégie à moyen terme, davantage adaptée aux besoins de l’artisanat régional.
- Aire Cantilienne : des réserves financières, mais peu d’investissements. Enfin, dans l’Oise, la Communauté de communes de l’Aire Cantilienne affiche une situation financière excédentaire. Grâce à l’amélioration de son autofinancement et à la faiblesse de ses dépenses d’investissement, l’intercommunalité a abondé ses réserves tout en conservant d’importantes capacités d’emprunt. Mais cette situation financière confortable masque, selon la CRC, un exercice insuffisant de ses compétences et des pratiques largement distributrices au bénéfice des communes membres. L’organisme pointe notamment le transfert inachevé de la compétence mobilité et l’absence de véritable stratégie territoriale dans ce domaine. Les nouvelles interventions de l’intercommunalité, notamment au profit de la clinique des Jockeys, rendent également nécessaire une hiérarchisation des priorités et une meilleure anticipation des moyens humains et financiers. La chambre appelle ainsi à renforcer l'ambition intercommunale et l'intégration du bloc communal.