Décryptage

La fièvre jaune avant le rouge et le noir ?

Le 17 octobre ! La date circule, les appels à la mobilisation se multiplient depuis la rentrée autour d’une éventuelle recrudescence du mouvement des Gilets jaunes, peut-être (sans doute) encore plus virulente que celle de 2018. Les similitudes sont nombreuses mais les maux sont beaucoup plus profonds même si le contexte se veut différent.

© Irawan-Adobe Stock (généré à l’aide de l’IA)

© Irawan-Adobe Stock (généré à l’aide de l’IA)

La violence de certains messages entraîne les services de renseignement intérieurs à prendre la chose plus qu’au sérieux. Au cœur des territoires, ils scrutent d’un œil vigilant les montées en puissance enregistrées sur les réseaux sociaux. 

Au bord de l’asphyxie

Le terreau est fertile, tout le monde le sait. Dans un climat de budget austère, avec une flambée générale du coût des carburants (dans certaines stations indépendantes le litre de gazoil affichait 3 € à la fin septembre), de l’énergie (le prix de référence du gaz a augmenté de 6.3 % au début du mois) et de la vie en général (l’inflation atteignait 2.4 % à la fin août), le peuple des ronds-points n’est qu’à un pas d’allumer l’étincelle qui propagera un incendie dévastateur attisé par des pseudo-tribuns récupérateurs d’une souffrance sociale palpable au quotidien. 

Les ronds points historiques de mobilisation de l’agglomération nancéienne n’ont d’ailleurs jamais vraiment été désertés. Ils sont prêts à entrer, de nouveau, dans la danse. 

L’écosystème entrepreneurial, lui aussi, est à bout et pour des raisons bien similaires. À côté du discours poli des organisations représentatives, la masse artisanale et le monde des TPE et PME sont également au bord de l’asphyxie. 

L’opération déminage, menée notamment par Emmanuel Macron, le président de la République, fin septembre, martelant que l’inflation énergétique était «due intégralement aux guerres et à la situation internationale» ne convainc pas ou si peu. Cette fièvre jaune gagne l’Hexagone. 

La minimiser serait une erreur surtout à la veille (encore un peu lointaine mais, sept mois passent vite…) de l’élection présidentielle de mi-avril prochain. La couleur de la colère pourrait alors virer au rouge écarlate ou au noir sombre. Aucune nuance, à cette heure, ne semble réellement perceptible...