Dossier

La Région Normandie adapte son soutien aux investissements agricoles

La Région Normandie fait évoluer « Normandie Agriculture Investissement » pour soutenir les exploitations, mobiliser les crédits européens et répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire.

© Photo d'illustration Adobe Stock

© Photo d'illustration Adobe Stock

La Région Normandie adapte son dispositif « Normandie Agriculture Investissement » afin de renforcer la souveraineté alimentaire, accompagner les transitions agricoles et soutenir l’installation des exploitants. Cette évolution a été adoptée lors de la commission permanente du 27 avril.

Conçue en concertation avec les Chambres d’agriculture, les organisations syndicales, les coopératives et les industriels, cet ajustement vise également à optimiser l’utilisation des crédits européens FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural).

La Région constate un ralentissement des demandes d’aides agricoles depuis 2025. Le rythme d’instruction est passé de près de trois dossiers par jour à moins d’un par jour. Sans ajustement, jusqu’à 41 millions d’euros de crédits publics auraient pu ne pas être mobilisés. L’objectif est donc d’assurer une consommation complète des enveloppes disponibles jusqu’à la fin de la programmation en 2027.

Quatre priorités

Le dispositif est désormais structuré autour de quatre priorités. En premier lieu, la souveraineté alimentaire et filières stratégiques. Les filières bovine viande, porcine, ovine et caprine, avicole, légumière, arboriculture, agriculture biologique, ainsi que les projets de transformation et de circuits courts sont prioritaires. Les aides peuvent atteindre 80 000 euros par dossier, avec un taux relevé à 40% et un plafond de dépenses porté à 200 000 euros.

Ensuite, l'installation et renouvellement des générations. Le soutien est renforcé pour les jeunes agriculteurs et la transmission des exploitations. L’objectif est d’accompagner la modernisation et la pérennité des fermes normandes. L'aide maximale est de 60 000 euros par dossier (taux de 40% et plafond de 150 000 euros). 

La troisième priorité est la transition et les projets « conquérants ». Les investissements liés aux transitions environnementales, à l’agroforesterie, aux haies ou aux démarches de qualité sont maintenus. L'aide maximale est de 25 500 euros (taux de 30% et plafond de 85 000 euros).

Enfin, l'amélioration des conditions de travail. Les exploitations peuvent également bénéficier d’un soutien pour moderniser leurs équipements et améliorer l’organisation du travail. L'aide maximale est de 11 250 euros (taux de 15% et plafond de 75 000 euros). Les projets collectifs voient leurs plafonds doublés.

Pour Hervé Morin, président de la Région Normandie, cette évolution répond à un double enjeu : soutenir les exploitants face aux tensions économiques et climatiques, et éviter toute perte de crédits européens.