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Le Tréport : Banides multiplie les investissements

Pas moins de 1,8 million d’euros vont être consacrés notamment à l’acquisition d’un centre d’usinage multi-stations. L’ambition est de sécuriser et de maintenir l’activité actuelle, de conquérir de nouveaux marchés et de continuer de rapatrier des activités externalisées. 

Concepteur et fabricant de robinets, raccords, connexions et produits de sécurité pour la distribution du gaz depuis 1928, l’entreprise familiale Banides est devenue depuis Le Tréport un acteur de référence en France, en Europe et dans le monde. Son client principal est GRDF avec lequel elle a développé un dispositif de protection des branchements existants (DPBE), suivi de distributeurs professionnels, d’intégrateurs (cuisinistes)… 

Laboratoire d’essais interne accrédité

Près de 25 % de son chiffre d’affaires est réalisé avec des régies de gaz à l’international, qui est en croissance : Afrique du Nord, Amérique latine, Asie du Sud… Ces derniers mois, la baisse des permis de construire et des projets dans le BTP ainsi que l’augmentation de 70 % de la matière brute plastique impactent l’activité de Banides, dans un secteur très concurrentiel. 

Le site tréportais se déploie sur 12 000 mètres carrés. Il assure une maîtrise de l’ensemble de la chaîne de fabrication des produits aussi bien métalliques (laiton, cuivre, acier) que plastiques (polyéthylène haute densité ayant le gros avantage de ne pas subir de corrosion), de leur conception à leur expédition : 

«Nous disposons d’une unité de fabrication totalement intégrée et d’un laboratoire d’essais interne accrédité. 100% de nos produits sont testés», explique Alex Debeaurain, président depuis cinq ans de la société de 80 salariés, créée par son arrière-grand-père Lucien Banides. Il tient à rester positif en développant des solutions clé en main comme des chambres de vannes pour les méthaniseurs. La société, réputée pour sa sûreté d’exécution dans le domaine de l’étanchéité sous pression, a commencé à collaborer avec des acteurs du monde de l’eau. Cela s’annonce déjà prometteur. 

Loin de s’endormir sur ses lauriers, la société n’a eu de cesse de se moderniser afin que la fabrication de chaque pièce soit d’une sécurité et d’une traçabilité irréprochable. À partir de 2018, un vaste plan d’investissements de 3,5 millions d’euros a été entamé avec notamment l’arrivée de trois presses d’injection plastique et leurs périphériques et d’un broyeur permettant de recycler et de réutiliser en interne les carottes de matière plastique… 

Répondre aux nouveaux marchés

Car, pour toujours plus de réactivité, le président veut fabriquer le maximum de composants et accessoires sur place, comme par exemple des carrés de manœuvre en polyamide. Dès la rentrée, un centre d’usinage multi-stations capable de produire 500 000 pièces par an, de 50 références différentes et d’usiner de nouvelles matières comme le laiton sans plomb, l’inox et l’acier sera installé : 

«Nous allons pouvoir répondre aux nouveaux marchés de l’hydrogène, du gaz renouvelable, notamment avec nos chambres de vannes, et des produits en laiton sans plomb, explique Alex Debeaurain. Elle fera le travail de trois machines. Nous allons réorganiser les ateliers afin de gagner de la place, la fluidité et faire des économies de chauffage et d’électricité»

Autres investissements : un banc de préréglage destiné aux outils pour l’usinage sur le centre multi-stations, un centre d’usinage dédié aux raccords (100 000 pièces produites par an et 30 références), une machine de mesure tridimensionnelle qui permettra de renforcer les contrôles qualité des pièces pour gagner en productivité. 

Le montant de ces opérations est de 1,8 million d’euros. L’entreprise peut compter sur le soutien de la Région Normandie à hauteur de 388 433,23 euros HT : «Sans cette aide nous aurions vu moins grand, assure le président. Cette aide est un accélérateur pour être plus compétitif plus rapidement. J’en profite également pour annoncer que nous recrutons un régleur technicien en injection plastique et un commercial export». De quoi augurer de beaux jours à venir pour Banides qui fêtera en 2028 son centenaire.