En bref

Les candidats à la présidentielle courtisent les Français de l'étranger

De Marine Le Pen à Marine Tondelier en passant par Bernard Cazeneuve ou Edouard Philippe, les présidentiables courtisent déjà les Français de l'étranger à travers les élections consulaires, un scrutin peu connu et souvent boudé qui...
Le candidat de droite à la présidentielle Edouard Philippe à un meeting de son parti Horizons le 10 mai 2026 à Reims © Martin BUREAU

Le candidat de droite à la présidentielle Edouard Philippe à un meeting de son parti Horizons le 10 mai 2026 à Reims © Martin BUREAU

De Marine Le Pen à Marine Tondelier en passant par Bernard Cazeneuve ou Edouard Philippe, les présidentiables courtisent déjà les Français de l'étranger à travers les élections consulaires, un scrutin peu connu et souvent boudé qui s'ouvre vendredi pour désigner les représentants des expatriés.

Du 22 au 27 mai par internet ou dans les urnes les 30 et 31 mai, près d'1,8 million d'électeurs sont appelés à élire pour six ans dans 130 circonscriptions à travers le monde 433 conseillers et 77 délégués qui siègeront au sein des "conseils consulaires" présents dans chaque ambassade et consulat. 

Ces élus se prononcent sur des demandes de bourses scolaires, de subventions aux associations et élisent notamment les 12 sénateurs des Français de l'étranger, dont la moitié seront renouvelés en septembre.

Instaurées en 2014, ces élections locales passent habituellement assez inaperçues et suscitent peu d'intérêt, y compris auprès des électeurs : la participation avait été d'à peine 15% lors du dernier scrutin en 2021. 

Mais cette année, les partis politiques se mobilisent sur les réseaux sociaux en appelant à soutenir certaines listes proches de leurs idées. Et plusieurs présidentiables, de tous bords, s'adressent directement par vidéo à leurs "chers compatriotes".

A bientôt

Drapeau français derrière elle, Marine Le Pen, qui fait généralement de mauvais scores dans cet électorat, se félicite: pour la première fois, le RN "a constitué plus de 25 listes présentes sur les cinq continents". 

Et elle ne parle pas que des bourses scolaires ou de la protection sociale des expatriés. A votre retour, "vous souhaiterez certainement ne pas retrouver un pays défiguré par l'insécurité, un pays où notre système de santé ou d'éducation sera profondément affaibli, un pays dans la fragilité budgétaire", leur lance-t-elle.

Edouard Philippe vante, de son côté, "les Français de l'étranger qui apportent beaucoup de choses à la France par leur activité professionnelle, par le rayonnement qu'ils permettent à la France d'avoir partout dans le monde". Et conclut son message par un "à bientôt" comme s'il leur donnait rendez-vous l'année prochaine...

L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui songe fortement à être candidat, y va aussi de sa vidéo. "Vous êtes trop souvent laissés pour compte dans les politiques publiques nationales (...) Je compte sur vous, mobilisez vous", plaide-t-il.

"Françaises et Français de l’étranger, votez insoumis partout dans le monde !", écrit de son côté Jean-Luc Mélenchon, un message relayé sur tous les comptes de la France insoumise. Le coordinateur national Manuel Bompard s'est même déplacé à Londres pour tenir une réunion électorale.

L'écologiste Marine Tondelier s'est elle rendue ces dernières semaines à Londres, Bruxelles et Madrid. "Tout échange avec les Français permet évidemment de se faire connaître", relève à l'AFP son entourage. C'est "l'occasion de faire coup double: elle participe à des réunions publiques pour soutenir nos candidats" dans ces élections peu connues, mais "elle soigne aussi sa stature internationale avec un certain nombre de rendez-vous diplomatiques".