Quelle politique du logement après 2027 ? Le 28 septembre, à Paris, dans le cadre de Batimat, salon professionnel de la construction, trois candidats à l’élection présidentielle se sont pliés à un «grand oral», mené par des représentants de syndicats professionnels.
Marine Le Pen, candidate pour le Rassemblement National (RN), a démarré. Avançant l'idéal d'une «France de propriétaires», elle a promis au secteur une «relance puissante». Cette dernière se baserait notamment sur la suppression de certains impôts de production et de normes «sclérosantes», comme le Zan, Zéro artificialisation nette des sols. La candidate a également avancé le principe de préférence nationale sur les marchés publics et une mesure particulière, «la mise à disposition de foncier de l’État qui ne sert à rien».
Après elle, Gabriel Attal, candidat Renaissance, a commencé par qualifier le logement de «grand plantage économique dans le macronisme». Lui, propose de conjuguer un «choc d’ offre et de demande», via une loi de programmation pluriannuelle garante de stabilité. Elle contiendrait, par exemple, une simplification du Zan, un approfondissement du statut du bailleur privé et la mise en place d'une garantie publique ou d'un prêt à taux zéro pour les primo-accédants solvables.
«Je ne suis pas venu caresser les uns ou les autres dans le sens du poil», a entamé Jean-Luc Mélenchon, candidat pour La France Insoumise (LFI). Son programme se base sur le constat d'une situation de «maltraitance sociale généralisée» (350 000 personnes sans domicile, 2,8 millions en attente d'un logement social...) et comprend une forte intervention de l’État. A court terme, il prévoit une «relance massive du logement social». Le financement ? une «réorientation de l'investissement public». A long terme, dans la politique du logement est incluse une planification écologique – porteuse de stabilité - basée sur des éco-régions pratiquant l'économie circulaire. «Je vous propose un pacte productif (…) Si vous respectez le plan, vous aurez des aides, autrement, non», a précisé Jean-Luc Mélenchon.
Le casse-tête de la rénovation
Parmi les nombreux enjeux abordés – fiscalité, formation, apprentissage- celui de la rénovation des logements, et, en particulier, du soutien à la demande, a fait l'objet de propositions très diverses. Toutes dessinent, en creux, les erreurs de la politique publique des années passées. Marine Le Pen avance un dispositif surnommé «100% rénové». «Il s'agit d'un prêt remboursable adossé au logement, les intérêts étant à la charge de l'’État. Cela permet de dégager 20 milliards d'euros par an, sans risques pour les banques, et en donnant de la visibilité pour la filière», précise la candidate RN pour qui «le dispositif actuel a été à l'origine d'une inflation de fraudes, du moins de tentatives de fraude».
A contrario, arguant de l'importance de la stabilité, «je défends MaPrime Renov’», a déclaré Gabriel Attal. Le dispositif- revu- s'appliquerait aussi aux rénovations mono-gestes, dans le cadre d'une démarche progressive et accompagnée. Côté gouvernance, «j'étudie le fait de décentraliser le pilotage, y compris de la distribution d'aides pour les rénovations énergétiques aux collectivités locales», a expliqué le candidat.
Jean-Luc Mélanchon vise «700 000 réhabilitations», dans son programme. Et ce dernier prévoit de favoriser les rénovations complètes, grâce à l'aide financière de l’État. «L'endroit qui fait le plus mal, c'est le reste à charge. Si nous réglons cette question, comment on la finance, où prendre l'argent, on aura réglé de quoi faire une relance massive de la réhabilitation des logements», tranche-t-il.