Décryptage

Bourses mondiales: modeste rebond à Wall Street après la tempête sur l'IA, l'Europe recule

Les marchés boursiers mondiaux ont clôturé sans direction commune vendredi, au lendemain du décrochage des valeurs technologiques provoqué par les craintes entourant l'intelligence artificielle (IA), Wall Street parvenant à rebondir timidement tandis que...
Publié aujourd'hui à 23h05 - Mis à jour 23h12 - 3 min de lecture
Les valeurs IA en déroute après les midterms américaines. AFP

Les valeurs IA en déroute après les midterms américaines. AFP

Les marchés boursiers mondiaux ont clôturé sans direction commune vendredi, au lendemain du décrochage des valeurs technologiques provoqué par les craintes entourant l'intelligence artificielle (IA), Wall Street parvenant à rebondir timidement tandis que les places européennes sont restées sous pression.

"L'incertitude entourant les conséquences macroéconomiques plus générales des élections de mi-mandat américaines (...) a déclenché un vaste mouvement de réduction de l'exposition au risque sur les grandes capitalisations", commente Patrick Munnelly, analyste de Tickmill Group.

Les principales places boursières européennes ont terminé dans le rouge, Paris cédant 0,81%, Londres 1,01%, Milan 0,90% et Zurich 1,14%. Francfort enregistre la plus forte baisse (-1,92%) alors que la Bourse allemande avait battu jeudi un record historique en séance, à 26.692,90 points.

La Bourse de New York s'est, elle, quelque peu reprise vendredi après son plongeon de la veille lié aux craintes sur le futur des centres de données, mais les investisseurs demeurent prudents.

L'indice Nasdaq - qui rassemble les valeurs technologiques - a gagné 1,09 % et l'indice élargi S&P 500 s'est octroyé 0,31 %. Le Dow Jones a lui perdu 0,46 %.

 

 

Montagnes russes sur l'IA

Jeudi, l'indice Nasdaq avait essuyé sa pire séance depuis avril 2025 et le choc des droits de douane imposés par Donald Trump au monde entier en plongeant de 5,52 %, pénalisé par la chute des titres liés à l'IA. L'indice élargi S&P 500 avait dévissé de 4,35 %.

"La volatilité s'est poursuivie le 6 novembre sur les marchés japonais et sud-coréens", relèvent les experts de la banque Lombard Odier, dans une note dédiée. Le Kospi, l'indice phare de la Bourse de Séoul, a dévissé de 6,02% et le Nikkei, l'indice vedette de la Bourse de Tokyo de 5,96%.

Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont servi de détonateur. Après la large victoire des démocrates, qui ont gagné les deux chambres du Congrès, les marchés craignent des règles plus strictes pour les centres de données, ces immenses entrepôts de serveurs indispensables à l'IA, particulièrement énergivores.

Plusieurs élus ont promis des moratoires sur les nouveaux projets face à la grogne des habitants, qui déplorent la charge imposée au réseau électrique, les émissions de gaz à effet de serre et les besoins en eau.

Le mastodonte des semi-conducteurs Nvidia est remonté de 2,78 % vendredi à Wall Street après avoir chuté de 9,30 % la veille. AMD a gagné 11,04 % et Micron 5,12 % suite à une chute de plus de 17 % jeudi.

"Le mouvement observé aujourd'hui relève davantage d'un rattrapage partiel que d'un véritable renversement de la tendance baissière", notent les analystes de Briefing.com.

Le Nasdaq est toujours en baisse de plus de 10 % par rapport à son sommet début octobre, et demeure donc en phase de correction.

 

La Fed dans le radar

Pour Jose Torres, d'Interactive Brokers, la place américaine a aussi quelque peu profité jeudi d'un rapport sur l'emploi bien meilleur qu'attendu pour le mois d'octobre aux Etats-Unis 

Le chômage a légèrement reculé, à 4,1 %, et les créations d'emplois (165.000) ont plus que doublé par rapport à septembre, selon les chiffres du service statistique du ministère américain du Travail.

Les marchés financiers s'attendaient à un rapport plus tiède, avec un chômage stable à 4,2 % et autour de 60.000 créations d'emplois.

Ces données "devraient conforter la Réserve fédérale américaine dans son analyse selon laquelle le marché du travail reste solide", estime Fawad Razaqzada, analyste de Forex.com

Elles devraient aussi permettre à l'institution de se concentrer sur son autre mandat, à savoir la lutte contre l'inflation, et la pousser à remonter ses taux d'intérêt dès sa prochaine réunion, début décembre.

Sur le marché de la dette, le taux d'emprunt des États-Unis à dix ans s'établissait à 4,87 % vers 21H50 GMT, contre 4,83 % la veille. 

 

Le pétrole se stabilise

 

Les cours du pétrole sont restés sans grand mouvement vendredi, les investisseurs préférant rester prudents face au risque géopolitique toujours présent au Moyen-Orient, au terme d'une semaine largement baissière.

Le prix du baril de Brent a grappillé 0,03 % à 98,32 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a avancé de 0,34 % à 90,83 dollars.