En bref

Lin’Ovation, le lin en majesté à Ailly-le-Haut-Clocher

130 exposants et environ 6 000 visiteurs se sont donné rendez-vous au Lin’Ovation, ces journées techniques dédiées au lin et au chanvre. Un salon qui se déroule tous les quatre ans.

En 2025, 200 000 hectares de lin ont été cultivés en Europe dont 88% en France. Les trois principales régions linières sont la Normandie, les Hauts-de-France et l’Île-de-France. Notre pays compterait 10 000 agriculteurs en faisant pousser. En dix ans, les surfaces ont plus que doublé et elles continuent de croitre de 10% par an. Le département de la Somme connait la même évolution. 

De nombreux enjeux 

Il était donc logique qu’ARVALIS, plus grand institut de recherche appliquée agricole en France et premier référent technique pour les grandes cultures, organise son salon Lin’Ovation à Ailly-le-Haut-Clocher, consacré aussi au chanvre. Essais agronomiques de lin et de chanvre, conférences, démonstrations d’arrachage et de retournage… le rendez-vous, qui s'est développé sur 20 hectares, dont 240 parcelles de démonstration, a attiré 130 exposants et 6 000 visiteurs, soit deux fois plus qu’en 2022 dans l’Eure. 

«La filière fait face à de nombreux enjeux notamment avec le changement climatique qui entraine des choix de variétés entre le lin de printemps ou d’hiver, explique Yann Flodrops, animateur de la filière lin fibre chez Arlavis et coordinateur de Lin’Ovation 2026. Le lin est une culture exigeante. On dit d’ailleurs que tant que que les ballots ne sont pas sous hangar, la récolte n’est pas terminée».

Qui dit culture technique dit aussi culture plus rémunératrice, comme le souligne le nordiste Bertrand Decock, président de l’USRTL (Union syndicale des rouisseurs-teilleurs de lin) en France et président du Cipalin (Comité interprofessionnel de la production agricole de lin). 

La nature en arbitre

«La nature est un arbitre, assure t-il. Tout se joue en 100 jours. Nous travaillons sur les techniques de culture, les recherches de variétés résistantes au stress hydrique et aux maladies. L’idée, c’est d’anticiper. Les agriculteurs sont bien accompagnés par les techniciens des coopératives linières». 

Malgré une très forte demande à l’international, en particulier du marché chinois, le lin ne représente encore que 0,5% des fibres textiles au monde. La production est donc loin d’être saturée. Il est estimé qu’un hectare de lin produit en moyenne 900 kilos de fibres dont 60% pour l’habillement, 30% pour la maison (ameublement, décoration) et 10% pour les usages techniques (industrie, construction).

«Culture de proximité et traçable, naturelle, certifiée, ventilation et respirabilité, biodégradabilité… Toutes les caractéristiques de la fibre lin sont dans l’air du temps et en résonance avec les aspirations sociétales actuelles», conclut Bertrand Decock.