Portrait

Près de Rouen, Georges prend soin des vêtements de travail

Fondée par Karine Da Silva en 2017, la blanchisserie Georges compte dix unités de production en France. L'une d'elles a ouvert en juin 2025 au Petit-Quevilly, où dix personnes lavent, inspectent et entretiennent les vêtements de sécurité des industriels.

Plus qu'une simple blanchisserie… Voilà peut-être le slogan que pourrait arborer la blanchisserie Georges. Fondée à Bordeaux en 2017, l'entreprise a ouvert une unité de production eu Petit-Quevilly, il y a un presque un an, en juin 2025. La neuvième pour Georges, qui s'est depuis aussi installée près de Lille et s'apprête aujourd'hui à ouvrir sa onzième unité à Gerzat, près de Clermont-Ferrand. «Tout le monde nous dit que nous allons très vite. Mais, en réalité, on ne s'en rend pas vraiment compte. Mais c'est vrai qu'on ne s'ennuie pas», sourit Karine Da Silva, PDG et fondatrice de l'entreprise.

Si Georges va si vite (180 salariés et 12 millions d'euros de chiffre d'affaires) c'est que la demande est là. Son cœur de métier : l'entretien des vêtements de travail, et notamment des vêtements de sécurité. «Ce n'est pas que du lavage, insiste l'entrepreneure. On fait en sorte que l'article reparte dans un meilleur état que quand il est arrivé : propre, inspecté et réparé, et donc toujours conforme aux normes de protection pour lequelles il est créé.»

Équilibrer l'activité d'ici un an

De quoi répondre à une réelle demande. «J'étais auparavant dans le design des vêtements de travail. Et j'entendais beaucoup de gens se plaindre sur cet aspect d'entretien», se souvient Karine Da Silva. Elle propose donc un service complet qui permet à ses clients de faire des économies en rallongeant la durée de vie des tenues de travail. «Chez certains de nos clients, les achats de tenues neuves ont chuté de 15 à 20 %», assure la cheffe d'entreprise.

La clientèle justement. Elle est principalement industrielle, à 80 %, avec de grands comptes, comme la SNCF, Renault ou Lubrizol par exemple. Mais elle compte aussi quelques services publics, comme des Sdis. Ces clients d'envergure soutiennent l'activité des unités de production. «Nous ouvrons les sites à un certain seuil, au gré des contrats qui se présentent. Et, en général, on compte environ deux ans pour amener une unité de production à l'équilibre.» Ce sera le cas à Rouen.

Des vêtements propres, inspectés et réparés

Le site compte une dizaine de salariés, qui travaillent dans la bonne humeur. Avec la maîtrise, l'engagement et l'audace, le «fun» fait d'ailleurs partie des valeurs fondamentales qui font l'identité de l'entreprise. Mais les 1250 m² du local de la ZA des Patis sont encore loin d'être employés à plein. Une fois porté à l'équilibre, son développement se fera petit à petit, au cœur d'un bassin industriel prometteur.

Les tournées sont organisées à l'échelle de la semaine, via une logistique totalement intégrée. Et le parcours des vêtements est totalement tracé par voie digitale. Réceptionnés sales, ils sont cajolés. Le nettoyage est écologique : des billes polymères sont ajoutées dans le tambour pour diminuer les quantités d'eau et de détergents utilisées. Cela permet aussi de limiter la température de lavage tout en préservant la fibre. Ensuite, les vêtements sont inspectés attentivement et réparés quand c'est possible et nécessaire, pour continuer à répondre à toutes les normes de sécurité qui s'imposent à eux. Ils sont ensuite triés et ensachés. Ainsi, dans l'entreprise cliente, le personnel trouve une tenue propre et complète. Prêts à retourner au boulot.

Pour Aletheia Press, Benoit Delabre