Un duel des mal classés ou une émulation capable de propulser la droite vers les premiers rôles ? Les candidats à la présidentielle Bruno Retailleau et David Lisnard se livrent un match dans le match dans leur camp politique sans parvenir pour l'instant à additionner leurs électorats.
C'est la surprise de la rentrée : David Lisnard, le maire de Cannes, 57 ans, joue des coudes dans les sondages avec le patron des Républicains et parvient même à le coiffer d'une courte tête dans certains d'entre eux, même si tous deux sont nettement distancés avec entre 6,5 et 9% des intentions de vote. Sur CNews, il est allé jusqu'à dire mardi que "si on se fiait aux sondages, ce n'est pas moi qui me retirerais aujourd'hui".
Désigné officiellement candidat par les adhérents, Bruno Retailleau ne parvient pas à décoller. Dans son entourage, on jure qu'il "n'y a ni émoi ni effroi", sans aller jusqu'à parler "d'épine dans le pied" comme l'a fait récemment un dirigeant du parti. "En ce temps de campagne, chacun a la légitimité de porter le débat", assure l'entourage qui s'attend à ce que "les idées des deux candidats puissent être rassemblées avant le coup de départ officiel de la campagne, entre fin janvier et début février". C'est d'ailleurs ce qu'a laissé entendre le maire de Béziers, Robert Ménard, qui a réuni les deux rivaux jeudi dernier lors d'un déjeuner. "Jamais ils ne se présenteront l'un contre l'autre devant les Français", a-t-il pronostiqué, laissant entendre qu'un seul restera en course au printemps. "Ils se retrouveront", renchérit l'entourage de Bruno Retailleau, lequel a confié mardi lors d'un débat à HEC avoir des doutes sur le recours à une primaire pour les départager.
Similitudes de programmes
Et il est est vrai que leurs programmes présentent beaucoup de similitudes : tous deux promettent la retraite par capitalisation, autour de 200 milliards d'économies sur le quinquennat, la parole donnée au peuple par voie de référendum si le Conseil constitutionnel censure un projet de loi. "Mais l'éléphant dans la pièce, c'est comment ça s'articule entre David Lisnard et Bruno Retailleau", pointe le directeur de l'Ifop qui observe que leurs électorats respectifs "ne s'additionnent pas" lorsque seulement l'un d'entre eux est testé dans les sondages. Le patron de LR est "très largement devant dans l'électorat de droite", mais le maire de Cannes dispose de plusieurs sources électorales et prend un peu de Macron, du Zemmour, de Marine Le Pen et de plus en plus de personnes hors partis.
"Nos retrouvailles peuvent créer quelque chose d'intéressant", reconnaît-on dans l'entourage de Bruno Retailleau. "En additionnant nos électorats, on atteint les 15% et on n'est plus très loin du seuil pour le second tour".