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Prix du carburant : sous pression de l'opposition, le gouvernement défend son action

Sous pression de l'opposition politique pour contenir les prix des carburants, qui ont augmenté rapidement avec la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a défendu, jeudi 5 mars, son action, réfutant que l’État soit le grand gagnant de la situation.

Roland Lescure, ministre de l'Économie. © Hans Lucas

Roland Lescure, ministre de l'Économie. © Hans Lucas

Sous pression de l'opposition politique pour contenir les prix des carburants, qui ont augmenté rapidement avec la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a défendu jeudi son action, réfutant que l’État soit le "grand gagnant" de la situation. Le ministère de l'Économie, qui a fait état mercredi de premières augmentations du litre de carburant de quelques centimes, est sous le feu des critiques du Rassemblement national et de La France Insoumise pour, disent-ils, éviter des flambées des prix pour les automobilistes.

La cheffe des députés RN Marine Le Pen a proposé mercredi de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses. Son parti réclame depuis plusieurs années de réduire la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants, le fioul et le gaz. Le président du RN Jordan Bardella a aussi appelé dès lundi à baisser TVA et accise sur les produits pétroliers en cas de flambée.  

Le président de la commission des Finances de l'Assemblée Éric Coquerel (LFI) a, lui, demandé au gouvernement de réfléchir à un blocage des prix de l'essence. 

La question des prix de l'énergie enflamme régulièrement le débat politique depuis la crise énergétique de 2022, liée à la guerre en Ukraine. Le gazole et les essences sans plomb Super 95 et 95-E10 avaient alors dépassé le seuil psychologique des 2 euros par litre.

50 à 55% de taxes

Sur une semaine, la hausse est de 5 à 15 centimes d'euros sur le SP95 et de 15 à 20 centimes sur le gazole, a indiqué jeudi Roland Lescure. Mais pour le gouvernement, pas question d'agir à ce stade sur des taxes dont l’État a besoin et qui, assure-t-il, ne dépendent pas tant du prix de l'énergie. La ministre déléguée à l'Énergie Maud Bregeon a estimé inconcevable de baisser TVA et TICPE, car cela entraînerait un trou de près de 20 milliards d'euros dans le budget de l'État. Bercy a enfoncé le clou jeudi, alors que le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher a affirmé que l’État était le grand gagnant de la hausse du prix de l'essence car "plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l'État". 

"La plus grande part des recettes fiscales liées au carburant à savoir l'accise sur les produits pétroliers ne dépend pas du prix du carburant", a martelé le ministère de l’Économie. Selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip), le prix du litre de carburant se compose environ de 30% du coût des matières premières, de 50 à 55% de taxes (TVA et accise) et de 15 à 20% de coûts de distribution. 

Avec AFP