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Quentin Deranque: LFI sous pression après l'interpellation de 11 suspects, dont l'assistant d'un député

Onze personnes interpellées, dont l'assistant parlementaire d'un député LFI, et une pression toujours plus forte. Les développements de l'enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque embarrassent La France Insoumise, appelée par le gouvernement...
Le député LFI Raphaël Arnault à l'Assemblée nationale le 22 janvier 2026. © Thomas SAMSON

Le député LFI Raphaël Arnault à l'Assemblée nationale le 22 janvier 2026. © Thomas SAMSON

Onze personnes interpellées, dont l'assistant parlementaire d'un député LFI, et une pression toujours plus forte. Les développements de l'enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque embarrassent La France Insoumise, appelée par le gouvernement à exclure Raphaël Arnault de son groupe parlementaire.

Quentin Deranque, 23 ans, est mort la semaine dernière après son agression par plusieurs personnes cagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis.

Une "bataille rangée" s'était déclarée entre "membres de l'ultragauche et de l'ultradroite", selon une source proche du dossier, à la suite de laquelle le jeune homme s'était retrouvé isolé.

Un homme, suspecté d'avoir un lien direct avec les violences, et sa compagne, accusée de l'avoir aidé à se soustraire à la justice, ont été interpellés mercredi matin, portant à onze le nombre de personnes en garde à vue, a annoncé le procureur de Lyon.

Neuf personnes avaient déjà été arrêtées mardi soir lors d'opérations coordonnées dans plusieurs départements.

Les onze, dont certains sont fichés S selon une source proche de l'enquête, sont entendus par les enquêteurs dans le cadre d'une garde à vue qui peut durer 48 heures.

Parmi ces suspects figurent Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, ce qui a relancé le volet politique de l'affaire.

Faire le ménage

Raphaël Arnault est le fondateur du groupe d'ultragauche La Jeune Garde, au coeur des suspicions dans l'enquête sur le meurtre de Quentin Deranque et en cours de dissolution pour des précédentes accusations de violences.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a appelé mercredi sur franceinfo LFI à l'"exclure" de son groupe.

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a lui estimé sur Europe 1/CNEWS que Raphaël Arnault devrait "démissionner".

En retour, Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a accusé le gouvernement de montrer un "mépris absolu de la séparation des pouvoirs" et affirmé sur X que le député Insoumis n'était "absolument pas concerné par l'enquête en cours".

Ces accusations dépassent de loin le cas de Raphaël Arnault et visent La France insoumise dans son ensemble.

Jean-Luc Mélenchon "n'a toujours pas pris la mesure du drame", a lancé le ministre de la Justice Gérald Darmanin devant le Sénat mercredi, l'accusant de "relativis(er) le meurtre d'un jeune homme".

"Les discours de haine (...) créent un climat de violence qui conduit à des drames. Leurs auteurs ne peuvent s'exonérer de leurs responsabilités", a appuyé le président LR du Sénat Gérard Larcher, sans nommer LFI, avant de proposer une minute de silence.

Maud Bregeon a appelé à ce qu'il n'y ait "plus jamais un député LFI au sein de l'Assemblée nationale" tandis que le patron de LR Bruno Retailleau a plaidé dans Valeurs actuelles pour "dresser un cordon sanitaire" autour du mouvement de la gauche radicale.

La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé au parti de Jean-Luc Mélenchon de "faire le ménage" dans ses "rangs".

Les attaques viennent aussi de la gauche. L'eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann et l'ex-président socialiste François Hollande ont successivement jugé qu'il ne pourrait pas y avoir d'alliance avec LFI après la mort de Quentin Deranque. Le second a demandé aux Insoumis de rompre "entièrement" tout lien avec La Jeune Garde.

Cette affaire, à moins d'un mois du premier tour des élections municipales, semble sérieusement compliquer la perspective d'ententes entre les listes de gauche.

Alerte à la bombe

LFI se retrouve sur la défensive, dénonçant une "instrumentalisation" de ce meurtre tout en tentant de prendre ses distances.

Jean-Luc Mélenchon a reconnu que son mouvement avait "fréquenté" la Jeune Garde mais insiste désormais sur leurs "divergences". "Nous n'approuvons pas la violence", a-t-il affirmé.

Mais LFI "n'accepte pas les leçons" de Sébastien Lecornu "qui, visiblement, a pété un câble", a-t-il attaqué.

Les Insoumis affirment aussi que ces mises en cause leur valent des menaces. Le siège national de LFI à Paris a dû être brièvement évacué mercredi en raison d'une alerte à la bombe et plusieurs candidats aux municipales se disent violemment pris à partie sur le terrain et les réseaux sociaux.

Manuel Bompard a appelé les pouvoirs publics à "garantir un débat démocratique digne et sain" et demandé de "cesser d'accuser LFI car cela peut conduire", selon lui, "à des intimidations, des attaques de permanences et de locaux".