En bref

Saône-et-Loire : le département anticipe une baisse de 19% des ressources en eau

Sous l'effet des fortes chaleurs, la Saône-et-Loire renforce les limitations d'usage de l'eau, tandis qu'une étude alerte sur une raréfaction durable de la ressource.

© Département de Saône-et-Loire.

© Département de Saône-et-Loire.

La Saône-et-Loire fait face à une dégradation de sa ressource en eau. En réponse à la baisse des débits des cours d'eau, la préfecture a relevé le niveau d'alerte dans plusieurs bassins. Les secteurs de l'Arroux-Morvan et de la Grosne sont placés en situation de crise, le niveau le plus élevé. Cette décision entraîne l'interdiction des usages jugés non essentiels, afin de préserver l'alimentation en eau potable et les besoins indispensables, notamment pour l'abreuvement des animaux. 

D'autres territoires, comme l'Arconce et Sornin ainsi que la Saône aval, passent en alerte renforcée. Les mesures concernent notamment l'arrosage des espaces verts, le remplissage des piscines privées, le lavage des véhicules à domicile ainsi que les prélèvements destinés à l'industrie et à l'irrigation agricole.

Une pression durable

Cette situation s'inscrit dans une tendance de fond mise en évidence par une étude prospective publiée en juin par le Département. Celle-ci prévoit une diminution moyenne de 19% des débits estivaux des cours d'eau entre 2050 et 2070. Sur certains bassins, comme l'Arconce et la Bourbince, cette baisse pourrait atteindre 35%. 

L'étude souligne que plusieurs secteurs connaissent déjà des tensions structurelles sur la ressource, accentuées par l'augmentation des températures et de l'évapotranspiration, même selon un scénario climatique considéré comme modéré. Ces évolutions représentent un enjeu majeur pour un territoire où l'industrie concentre 22% des prélèvements en eau et l'agriculture 7%. Afin d'anticiper ces défis, le Département met en œuvre son plan eau 2025-2030. Doté d'un budget annuel d'environ 6 millions d'euros, il prévoit 42 actions destinées à renforcer la sobriété des usages et à améliorer l'adaptation du territoire face aux effets du changement climatique.