Placée en liquidation judiciaire en juin 2026, l’entreprise de carrosserie industrielle de Bapaume, qui vient de fêter ses 126 ans, pourrait poursuivre son activité grâce à une alliance entre ses salariés et leur ancien dirigeant. Une offre a été déposée le 7 octobre au Tribunal de commerce d’Arras, avec un actionnariat réparti entre 40% pour le collectif des salariés et 60% pour l’entrepreneur. «C’est une première en région, un projet qui sort du cadre, d’où la difficulté de trouver le bon interlocuteur» explique Ludwig Czelecz.
Et de rappeler les sources des difficultés : «Klégé a subi une perte de chiffre d’affaires de l’ordre de 40% après la reprise de Durisotti en 2024 et le retrait de l’un de ses principaux clients. La disparition de l’entreprise aurait des conséquences désastreuses, avec 74 familles directement dépendantes de ces emplois».
6,1 millions d’euros de précommandes
Comme l’a précisé Ludwig Czelecz, le projet de reprise entend dépasser les fragilités du secteur de la carrosserie industrielle en développant de nouveaux débouchés dans l’alimentaire, la défense et l’industrie. «Le véritable enjeu sur un marché compliqué, c’est de diversifier nos activités pour sécuriser l’avenir de l’entreprise et de ses salariés». A ce jour, le collectif de repreneurs fait état de près de 6,1 millions d’euros de précommandes et vise 12,3 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici fin 2027. Mais l’enjeu à court terme est aussi et surtout de pouvoir présenter le projet à la Région et aux services de l’Etat compétents pour identifier les leviers d’accompagnement.
Et de poursuivre : «Une aide régionale d’un million d’euros en trésorerie a été évoquée, mais ce n’est pas le sujet ! Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est une table ronde, les bons interlocuteurs et un accompagnement pour amorcer le projet». L’objectif est donc de construire un accompagnement coordonné autour de la diversification industrielle et de la pérennité du site afin de continuer à écrire l’histoire d’une entreprise emblématique du territoire.
Quoi qu’il en soit, l’optimise est de mise comme l’ont rappelé Carine David et Gérald Rousselle, représentants des salariés.