À partir du 27 juin et pendant trois mois, le musée de Picardie propose au grand public de découvrir une sélection de 170 dessins français, tous issus de collections privées. Ces œuvres, réalisées entre le XVIIe siècle et la Révolution française, sont signées par 128 artistes de renom, parmi lesquels David, Poussin, Watteau, Fragonard ou encore Boucher.
«C'est une période d'une extraordinaire richesse en termes de techniques et d'usages», souligne, ce 26 juin lors d'une visite guidée, Pierre Stépanoff, directeur des musées d'Amiens et commissaire de l'exposition. À ses côtés également dans le rôle de commissaires, se trouvent Patrick Ramade, conservateur en chef honoraire du patrimoine et ancien directeur des musées des Beaux-Arts de Valenciennes puis de Caen, et Nicolas Schwed, expert et marchand de dessins.
Un large panel d'artistes est ainsi réuni dans cette exposition. «Vous allez voir des œuvres réalisées par des dessinateurs, des graveurs, des peintres, des sculpteurs ou encore des artisans. Tout le monde dessinait, parce que le dessin était à la base de tout», poursuit Pierre Stépanoff. Un autre intérêt de ce rendez-vous réside dans le fait que le dessin est un médium qui a été peu exploré au musée d'Amiens. « C'est pourquoi cette exposition me semble particulièrement intéressante. Je pense qu'elle va rencontrer son public et susciter une véritable curiosité», ajoute le directeur du musée. En plus des 170 dessins prêtés, 30 œuvres appartenant au musée seront également présentées, en deux temps.
Un événement inédit pour le musée de Picardie
Pour donner vie à cette exposition, 30 collectionneurs, restés anonymes, ont prêté une partie de leurs collections. «Ce sont des passionnés qui ont tous été très enthousiastes à l'idée de partager leurs œuvres» souligne Pierre Stépanoff. Près de 90% des dessins sont présentés tels qu'ils sont accrochés chez leurs propriétaires, dans leurs cadres d'origine, loin des codes muséographiques habituels.
Surtout, une grande partie de ces œuvres n'avait jamais été montrée au public. «C'est un rendez-vous tout à fait inédit», insiste le directeur. Pour le musée de Picardie, l'enjeu dépasse la seule exposition ; il s'agit de gagner en visibilité, renforcer son attractivité et convaincre de nouveaux visiteurs, notamment parisiens, de venir jusqu'à Amiens.
Trois ans de travail et un catalogue qui fera date
Cette exposition a nécessité trois années de préparation. «Nous avions déjà travaillé sur d'autres projets avec Patrick et Nicolas. En 2011, nous avions proposé une exposition consacrée aux dessins italiens de la Renaissance issus de collections privées françaises. Cet événement s'inscrit dans une certaine continuité», précise Pierre Stépanoff.
Au-delà de leur valeur patrimoniale, ces dessins offrent également un précieux terrain d'étude aux historiens de l'art. L'exposition s'accompagne d'ailleurs d'un catalogue scientifique dirigé par les trois commissaires, avec la collaboration de nombreux historiens de l'art. «Nous avons essayé d'être les plus complets possible», poursuit-il. Pensé comme un véritable manuel du dessin français, cet ouvrage devrait, lui aussi, faire date.