En bref

À Beauvais, le commerce au cœur des Rencontres Régionales de l'Économie

Le 12 février, à Beauvais, les Rencontres Régionales de l’Économie ont mis le commerce au cœur de leur édition 2026, soulignant les transformations profondes du secteur. Entre digitalisation, aspirations à la proximité et évolution des comportements d’achat, les commerçants doivent sans cesse s’adapter pour rester attractifs.



Coorganisées par la CCI Hauts-de-France, la Banque de France, la CMA Hauts-de-France, la Chambre régionale d’Agriculture et les Urssaf Nord-Pas-de-Calais et Picardie, les Rencontres régionales de l’économie ont consacré leur édition au commerce. Le 12 février, elles faisaient étape à Beauvais pour décrypter les mutations du secteur.

«Le commerce n’est pas un secteur comme les autres : il est le cœur de nos villes, de nos territoires, de nos villages. Il crée de l’emploi, du lien social, de la vie, et aujourd’hui il est à un tournant», souligne Charles Loquet, premier vice-président de la CCI de l’Oise. En cinq ans, la vente en ligne a été multipliée par trois ; les grandes surfaces ne sont plus dominantes, tandis que l’aspiration à la proximité progresse. «Oui, des points de vente ont fermé, mais le commerce n’a pas disparu : il s’est transformé», insiste-t-il.

Des commerces qui se réinventent


Dans l’Oise, le taux de vacance commerciale atteint 11 %, et 7,5 % dans le Beauvaisis, contre 14 % au niveau national. «Nous voyons émerger de nouveaux types d’établissements qui s’adaptent aux évolutions des modes de consommation : il n’y a plus de client type, mais des tribus d’achat, avec des attentes différentes selon l’âge, les territoires ou les modes de vie…», poursuit l’élu.

Le commerce reste un moteur économique majeur : dans les Hauts-de-France, il regroupe 28 800 entreprises - un quart des employeurs privés - et 273 000 salariés.

Un secteur essentiel, jeune et féminin

Dans les Hauts-de-France, un salarié sur six travaille dans le commerce, majoritairement de détail. «Entre 1998 et 2004, le secteur a connu une forte croissance avant de se stabiliser en 2011. Il a ensuite perdu 10 000 emplois en cinq ans, sous l’effet notamment de la montée du e-commerce et de la seconde main», analyse Claire Lescellierre, de l’Urssaf Picardie.

Le textile accuse la plus forte baisse (–4 000 salariés en dix ans). Dans l’Oise, le commerce employait en 2024 près de 35 200 personnes, soit 18,3 % de l’emploi départemental (17 % au niveau national). Six établissements sur dix comptent moins de dix salariés. «C’est également un secteur plus féminisé (48 % de femmes) et plus jeune que la moyenne, puisque 30% des salariés ont moins de 30 ans», précise-t-elle. Le CDI reste majoritaire (85%) et l’alternance y est plus développée que dans le reste de l’économie régionale.


S’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs

Pour se développer, les commerces doivent s’adapter à des habitudes en mutation. «Les moins de 40 ans se tournent massivement vers le drive et Internet. L’e-commerce représente aujourd’hui 22 % de la consommation des ménages, contre 9 % il y a cinq ans. La digitalisation est très marquée. Mais, en parallèle, la demande de proximité progresse aussi fortement», observe Tapio Poteau, responsable des études à la CCI Hauts-de-France.

L’enquête de la CCI, menée auprès de 30 000 ménages et fondée sur l’analyse de 400 millions d’achats, montre que l’émotion intervient dans 95 % des décisions. «Elle se traduit par une attention personnalisée : des commerçants qui vous reconnaissent, vous saluent, connaissent vos habitudes. Ce sont des éléments différenciants face aux canaux plus standardisés», souligne-t-il. Lumière, ambiance sonore et décoration constituent également des leviers d’attractivité et de fidélisation dans les points de vente physiques.

Pour Aletheia Press, Diane Ła Phung