Faire de la France une puissance cyber de premier plan, capable de protéger les citoyens, les institutions, l’économie et les infrastructures face aux cyberattaques. Tel est l’objectif de la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 du gouvernement, dévoilée fin janvier par la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff.
Cinq grands axes d’action pour les cinq années à venir
Cette stratégie nationale fixe les grandes orientations de l’action du gouvernement en matière de cybersécurité pour les cinq années à venir. Elle se décline autour de cinq grands axes : faire de la France le plus grand vivier de talents cyber d’Europe (former à la cybersécurité à tous les âges, encourager le recrutement de professionnels dédiés…), renforcer la résilience cyber du pays (préparation aux crises, hausse du niveau de cyber-protection…), lutter contre l’expansion des cybermenaces (en mobilisant notamment les acteurs privés dans la cyberdéfense du pays), garder la maîtrise de la sécurité des outils numériques (via la structuration d’un marché européen des produits et services de cybersécurité, entre autres) et soutenir la sécurité du cyberespace en Europe et à l’international (en développant la coopération et la solidarité entre pays).
Évaluer les risques à court terme et à plus long terme
Le jour même où le gouvernement présentait sa Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, France Assureurs a dévoilé sa Cartographie prospective 2026 des risques de la profession de l’assurance et de la réassurance. Une étude annuelle basée sur les résultats d’une enquête conduite fin 2025 auprès des entreprises du secteur (186 répondants représentant 95 % des placements des assureurs français). Objectif : évaluer les risques, répartis en six grandes catégories – économique, environnementale, sociale et sociétale, technologique, politique et réglementaire – à court terme (0 à 2 ans) et à plus long terme (10 ans).
Les risques technologiques perçus comme une menace de plus en plus sévère
Premier constat : pour les entreprises d’assurance, le risque de cyberattaques demeure la première menace pesant sur la profession en 2026, et reste, de loin, le risque le plus sévère. C’est la neuvième année consécutive que les répondants placent les cyberattaques en tête de ce classement des risques. Et d’autres risques technologiques connaissent désormais une forte progression aux côtés des cyberattaques : ceux liés à l’intelligence artificielle, à la qualité des données et à la conformité des processus IT. Les assureurs anticipent, en effet, des impacts potentiellement plus graves du fait du développement des usages numériques, du recours au cloud et du déploiement de solutions d’IA.
Le poids des incertitudes économiques et politiques actuelles
Deuxième constat : l’évaluation des risques liés aux environnements économique et politique enregistre une hausse sensible, à court terme. Le risque lié à l’environnement économique arrive, en effet, en deuxième position dans la Cartographie 2026, et celui lié à l’environnement politique (français, européen et mondial) enregistre la plus forte progression de l’ensemble des risques et se place en quatrième position. En cause, selon France Assureurs : « les tensions sur le commerce international, la situation des finances publiques et l’instabilité politique nationale et internationale », ainsi que les récents débats autour du budget 2026 « compte tenu, en particulier, des mesures pénalisantes évoquées au sujet de l’assurance vie, notamment ».
Un recul, conjoncturel, du risque climatique
Autre fait marquant : le risque lié au dérèglement climatique, arrivé en première place ex- æquo en 2025 avec les cyberattaques, se replie en troisième position en 2026. Malgré ce léger recul des préoccupations environnementales lié à la montée des risques économiques à court terme, « le dérèglement climatique reste néanmoins solidement installé parmi les principaux risques de la profession », souligne France Assureurs. « À long terme, le climat demeure identifié comme le risque le plus structurant, susceptible d’avoir des effets en cascade sur de nombreux autres risques, notamment économiques et assurantiels. »
Le climat, l’économie et la technologie en tête des préoccupations à dix ans
Les acteurs de l’assurance et de la réassurance ont aussi été interrogés sur les principaux enjeux de la profession et les menaces pesant sur la société française à horizon de dix ans. Il en ressort que les trois principales préoccupations sont le climat, l’économie et la technologie. « Le dérèglement climatique devient la préoccupation centrale à long terme, rejoint par le risque d’inassurabilité et par les enjeux liés à l’intelligence artificielle. »