En bref

À Bohain en Vermandois, Catherine Gaveriaux quitte la Maison de l’emploi

Après 35 ans passés au service de l’insertion professionnelle et du développement local dans l’Aisne, la directrice de la Maison de l’emploi et de la formation du Vermandois passe la main. Elle laisse une structure solide, dont les initiatives ont régulièrement été érigées en exemples de déploiement des politiques publiques en milieu rural.

«J'ai vécu plusieurs vies dans une seule», aime rappeler Catherine Gaveriaux devant cette salle comble. Après plus de trois décennies au service du développement économique local, Catherine Gaveriaux tire sa révérence. Reconnue bien au-delà du bassin saint-quentinois, elle laisse une structure dont les méthodes d'intervention en milieu rural ont régulièrement inspiré les services de l'État. 

Dès 2011, la dirigeante avait notamment piloté la fusion stratégique entre la Maison de l’Emploi et le Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi (PLIE), créant un guichet unique de l'accompagnement sur le territoire.

L'adaptation face aux chocs industriels

Son parcours épouse les mutations économiques de la région. Au cœur des années 1990, alors que les plans sociaux frappent durement l'industrie textile et l'entreprise Le Bourget, Catherine Gaveriaux accompagne d'anciennes ouvrières désireuses de changer de voie. À rebours des recommandations de l'époque, elle soutient activement leur réorientation professionnelle vers les métiers des services à la personne, des hôpitaux et des maisons de retraite. 

L'expertise de la dirigeante s'est particulièrement illustrée dans l'ingénierie financière. En maîtrisant les mécanismes complexes des subventions de l'Union européenne, la structure est parvenue à capter entre 300 000 et 400 000 euros de fonds européens chaque année. Une gestion caractérisée par un puissant effet de levier : pour un euro investi par la collectivité locale, la Maison de l'emploi sécurise trois à quatre euros venus de Bruxelles.

Une logistique de crise éprouvée

Cette agilité d'intervention s'est vérifiée lors de la crise sanitaire du Covid-19. Sous son impulsion, un collectif territorial s'est rapidement organisé pour produire 15 000 masques de protection, démontrant la capacité de la structure à répondre aux urgences locales. Catherine Gaveriaux, qui a récemment intégré une équipe municipale, laisse derrière elle un outil de développement stabilisé, salué par l'ensemble des acteurs économiques des Hauts-de-France. Catherine Gaveriaux a transmis le flambeau à Delphine.