Portrait

À Dijon, BSB ouvre sa «School of négo» pour miser sur l’humain face à l’IA

Confrontée, comme l’ensemble de l’enseignement supérieur privé, à une concurrence renforcée et aux bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle,  Burgundy School of Business (BSB) mise sur les compétences humaines pour se différencier. À Dijon, l’école de management lancera en septembre 2027 la School of Négo, consacrée à la formation de futurs professionnels de la négociation. Une initiative unique en Europe. 

De gauche à droite : Nicolas Chantreau, Olivier Léon et Laurent Combalbert

De gauche à droite : Nicolas Chantreau, Olivier Léon et Laurent Combalbert

L’enseignement supérieur privé traverse une zone de turbulences. Évolution du financement de l’apprentissage, démographie, concurrence accrue et vigilance des familles sur le retour sur investissement obligent les établissements à adapter leurs modèles. «Entre 2020 et 2025, le nombre de formations proposées sur Parcoursup est ainsi passé de 16 000 à 26 000», alerte Olivier Léon, directeur général délégué de Burgundy School of Business (BSB). Dans cet environnement, l’école de management annonce environ 1 400 nouveaux étudiants à Dijon et Lyon cette année, contre 1 550 l’an dernier.

 «On résiste très bien», assure Olivier Léon. Mais un autre bouleversement pousse l'école à faire évoluer son enseignement : l'intelligence artificielle. «On sait que le poids donné à la connaissance ne peut plus être le même», souligne-t-il. Après avoir créé un parcours autour du leadership, BSB choisit donc de renforcer un autre savoir-faire humain : la négociation.

The Trusted Agency

Fruit d'un partenariat avec TTA-The Trusted Agency, la School of Négo ouvrira à la rentrée 2027. Le nom de l’école porte volontairement un accent sur le «e» car il doit, selon Laurent Combalbert, cofondateur de TTA et ancien négociateur du Raid, «marquer le côté école française de négociation». Ce dernier exerce une approche qu'il estime aujourd'hui reconnue à l'international puisqu'il a lui-même été formé au FBI. Le cursus comprendra un socle commun, puis une spécialisation de troisième année de bachelor d'au moins 120 heures consacrée à la négociation d'affaires. En Master 2, environ 250 heures prépareront au métier de Chief Negotiation Officer (CNO). Psychologie, écoute active, gestion des émotions et des conflits, éthique, négociation interculturelle, questionnement ou analyse des rapports de pouvoir seront au programme. 

«La formation multipliera les mises en situation pour confronter les étudiants à la diversité des négociations»

Aux côtés de Laurent Combalbert interviendra notamment Nicolas Chantreau, négociateur de crise formé au GIGN et directeur du pôle Négociation de TTA. «La formation multipliera les mises en situation, individuelles comme collectives, afin de confronter les étudiants à la diversité des négociations», souligne-t-il. La pédagogie se veut très opérationnelle. Le M2 débutera par « le pressoir », cinq jours d'immersion dans des négociations complexes. «On va leur apprendre, non pas à savoir, mais à penser, et à penser sous pression, dans un environnement incertain», résume Laurent Combalbert. 

L'IA aura elle aussi sa place pour préparer les négociations, analyser des données ou tester des scénarios. Mais «elle va nous augmenter, pas nous remplacer», défend Laurent Combalbert. Empathie, intuition, lecture des émotions et création de confiance constituent précisément les compétences humaines sur lesquelles BSB entend capitaliser. Les spécialisations seront proposées en alternance, sans surcoût par rapport aux frais de scolarité habituels. L'entrée pourra notamment s'effectuer directement en Bachelor 3 après un BTS, ou dans le Master Grande École via le concours.