Portrait

À Orsimont, Jean-Marie Beaudoin produit des fromages qui ont du goût et du sens

Fromager depuis plus de 30 ans, Jean-Marie Beaudoin s'est installé sur le site de la ferme familiale d'Orsimont en 2021. Il aimerait accroître la présence de ses produits dans les écoles, collèges et lycées du territoire.

Jean-Marie Beaudoin produit des fromages depuis plus de 30 ans. Son installation sur la ferme familiale à Orsimont, en 2021, est l'aboutissement d'un riche parcours professionnel qui le conduit jusque Paris durant sept ans. «J’ai fait le choix de revenir dans le Pays de Bray et d'intégrer un groupe de réflexion pour voir ce que je pouvais apporter au monde rural», se souvient-il. Il y rencontre Georges Toutain, ingénieur agronome français et pionnier de l'agro-écologie, qui l'encourage à devenir fromager.

C’est en 1994 qu’il débute sa production de fromages à partir du lait des exploitations de ses frères. Après quelques péripéties, Jean-Marie Beaudoin s'installe en 2021 à Orsimont (hameau dépendant de Villers-sur-Auchy) et réhabilite un bâtiment abandonné. Ce projet, qui a nécessité un investissement de 752 000 euros, a reçu le soutien de l'Union européenne, du département de l'Oise, de la communauté de communes du Pays de Bray, de la mairie, de la Chambre de commerce et d'industrie, mais également du grand public, grâce à une campagne de financement participatif.

 C'est là que Jean-Marie Beaudoin a véritablement structuré sa production de fromages biologiques et développé sa gamme. «Je n'utilise que du lait frais de vaches exclusivement nourries à l'herbe. Quand on fait les marchés, on est face à ses consommateurs et moi, je ne veux pas leur vendre des produits bourrés de pesticides», explique-t-il.

Une distribution en circuit court

En plus de ses tommes au cidre, au foin ou fumées, la fromagerie propose du Bray Picard, un fromage double-crème, du Bray au lin, des pâtes molles et toute une gamme de fromages blancs, de fromages frais, de yaourts et de lait cru. «En plus de la vente à la ferme, je fais beaucoup de marchés, il est donc important de proposer une gamme complète», précise-t-il. Le fromager, outre des rendez-vous locaux comme Beauvais, Bresle, Creil et Saint-Just-en-Chaussée, se rend également à Paris une fois par semaine.

Ses fromages sont aussi disponibles chez quelques revendeurs qui partagent les mêmes valeurs que le producteur. «Ils sont par exemple chez Marie-Charlotte Hamon, qui tient la boutique Primeur des Lys et qui vient de décrocher le titre de championne de France 2026 de la planche apéritive, avec notamment une de nos tommes au cidre», précise Jean-Marie Beaudoin. Soucieux de partager son savoir-faire et sa vision de la production, il organise régulièrement des visites de la fromagerie et accueille des scolaires.

Développer la distribution en milieu scolaire

Inscrit sur la plateforme Approlocal, qui met en relation des producteurs du territoire et des professionnels de la restauration hors domicile - dont des collèges et des lycées -, Jean-Marie Beaudoin cherche désormais à développer ce mode de distribution. «L'éducation, ça passe par le goût. On est ce qu'on mange. Nous, nous proposons du fromage bio qui a du goût, qui respecte les animaux et les hommes : ça a du sens d'être présents dans les écoles. Nous aimerions vraiment être plus sollicités», observe-t-il.

Actuellement, la fromagerie transforme entre 230 000 et 250 000 litres de lait par an. L'objectif est de monter à 300 000 litres. «Cela nous permettrait de recruter un fromager supplémentaire. Actuellement, nous sommes quatre à temps plein», souligne Jean-Marie Beaudoin, qui rappelle qu'une entreprise vertueuse a aussi un poids économique.

Pour Aletheia Press, DLP