Dossier

L’emploi des cadres en Bourgogne-Franche-Comté passé à la loupe de l’Apec

L’Apec, l’association pour l’emploi des cadres, dresse un état des lieux de cette catégorie professionnelle en Bourgogne-Franche-Comté en s’appuyant sur une enquête réalisée entre novembre 2025 et janvier 2026. Pour l’année à venir, l’emploi des cadres devrait être stable, en particulier dans l’industrie. 

Hervé Reynier, délégué régional de l’Apec Bourgogne-Franche-Comté, met en avant la place de l’industrie dans l’emploi des cadres en région. © Apec

Hervé Reynier, délégué régional de l’Apec Bourgogne-Franche-Comté, met en avant la place de l’industrie dans l’emploi des cadres en région. © Apec

L’Apec, l’association pour l’emploi des cadres, dresse un état des lieux de cette catégorie professionnelle en Bourgogne-Franche-Comté. Pour cela, elle en s’appuie sur une enquête réalisée entre novembre 2025 et janvier 2026. Ainsi, tandis qu'un cadre français sur deux travaille en région parisienne, la Bourgogne-Franche-Comté accueille environ 2 % des cadres nationaux du secteur privé, soit 81 430 salariés avec ce statut. La Côte-d’Or arrive en tête des départements avec 22 210 cadres, portée par Dijon Métropole, tandis que la Saône-et-Loire se positionne à la deuxième place avec 14 580 cadres, notamment sur le bassin chalonnais.

 «L’âge médian des cadres est de 44 ans, 65 % sont des hommes et les cadres travaillent dans les TPE et PME, à 57 %» explique Hervé Reynier, délégué régional de l’Apec en Bourgogne-Franche-Comté. Ces données s’appuient sur l'étude réalisée ainsi que sur des comparatifs avec les années précédentes. «On constate un recul de l’emploi salarié depuis 2021 tandis que des emplois de cadres continuent à se créer» poursuit le délégué régional. En effet, l’emploi salarié en région a enregistré une baisse de 0,2 % en 2023, de 0,4 % en 2024 et de 1,2 % au troisième trimestre 2025.

Dans ce contexte, l’emploi des cadres au niveau national, malgré une baisse de 3 % en 2025, reste supérieur à 2019 et à la période de relance post-covid en 2021. «En région, nous observons une baisse de 1 %, ce qui représente environ 70 postes» complète Hervé Reynier. Malgré un nombre global de cadres en baisse, 5 810 recrutements ont eu lieu et 1230 postes ont été créés régionalement en 2025.

L’industrie, la force régionale

Alors qu’en France, seuls 16 % des cadres évoluent dans le secteur industriel, ils sont 29 % à travailler dans cette filière en région. C'est presque un cadre sur trois, ce qui traduit l’identité industrielle forte du territoire. «Cette caractéristique soulève la question de l’attractivité du territoire vis-à-vis d’autres secteurs et par rapport à d’autres régions» relève Hervé Reynier.

Celui-ci souligne, à contrario, le faible nombre d’emplois dans le secteur des services à forte valeur ajoutée tels que les banques, les assurances, l’audit ou l’ingénierie. Ces derniers ne représentent en effet que 29 % des emplois de la région quand ils atteignent 46 % au niveau national. «Cela peut freiner la venue de certains cadres du secteur industriel qui pensent aussi à l’emploi d’un conjoint» reconnaît le délégué régional.

Un partenaire recrutement

L’Apec joue alors le rôle d’un accompagnant pour les PME dans leur recrutement, la diffusion de l’offre, la gestion des candidatures, la marque employeur… «L’association offre un accompagnement pour soutenir l’attractivité. Au-delà d’un poste en entreprise, c’est un bassin de vie, des transports, des écoles qui doivent rentrer en compte dans la mobilité des cadres. Cela relève d’un enjeu territorial» détaille Hervé Reynier.

En 2026, l’Apec estime que malgré le contexte anxiogène, les budgets publics bloqués et la crise énergétique, les entreprises auront besoin d’un niveau stable de cadres. Elle chiffre qu'environ 5 810 recrutements sont envisagés en région, surtout dans l’industrie. Toutefois, les métiers le plus recherchés en Bourgogne-Franche-Comté ne se limiteront pas à l’industrie, il s’agira aussi des professions liées à la finance : comptable, contrôleur de gestion ou encore responsable financier.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert