Le tracé reliera Crouttes-sur-Marne (à la limite avec le département de Seine-et-Marne) à Trélou-sur-Marne (limite avec le département de la Champagne), traversant quinze communes. Ce segment s'intègre au parcours cyclable national reliant Paris à Strasbourg. Sur le plan économique, le projet chiffré à 11,6 millions d'euros doit générer de nouvelles retombées pour cette vallée viticole, en captant notamment le flux des cyclotouristes.
Concilier tourisme et mobilités du quotidien
L'infrastructure ne vise pas uniquement les visiteurs de passage. Lors de la présentation du projet, Pierre-Jean Verzelen, président du Conseil départemental de l'Aisne, a souligné la volonté de répondre à de multiples usages. L'objectif est de faire cohabiter la pratique familiale dominicale, le tourisme au long cours et le «vélotaf», c'est-à-dire les trajets domicile-travail. Pour permettre des dépassements sécurisés entre ces différents profils d'usagers, la collectivité a d'ailleurs acté l'élargissement de la voie à trois mètres de large, contre les deux mètres prévus dans les études initiales. “Tout le monde attend le démarrage”, constate Michèle Fuselier, conseillère départementale sur Château-Thierry.
Une première phase soutenue par l'État et la Région
Sur le plan opérationnel, le chantier débutera sur le territoire de Trélou-sur-Marne début 2027 après l’enquête publique programmée du 1er octobre au 2 novembre 2026. Cette première tranche de travaux représente un investissement estimé à 1,5 millions d'euros. Elle bénéficie d'un cofinancement public important, soutenu à 50% par l'État et à 25% par la région des Hauts-de-France. Il faudra attendre entre 3 et 4 ans pour que les 48 km soient une réalité. «Nous nous engageons à ce que ce projet arrive à son terme», insiste le président du département. Le projet se fera en plusieurs étapes. La seconde phase concernera la commune de Brasles. Et une troisième phase se fera sur la commune d'Essômes sur Marne. L'ensemble de l'itinéraire sera interdit aux véhicules à moteur sur 77% de sa longueur et bénéficiera d'un revêtement en enrobés drainants biosourcés.
Des mesures environnementales renforcées
Le dossier révisé de la V52 intègre la création de quatre sites de compensation dédiés aux impacts sur les zones humides. Il prévoit également la reconstitution de 90 mètres de berges de la Marne au niveau de deux ouvrages d'art. Près de 1 000 parcelles sont concernées par ce tracé. La plupart des propriétaires, privés et collectivités, a donné leur accord pour une transaction à l’amiable. Quelques dossiers sont toujours en cours de négociation.