Les adeptes de la six cordes version fée électrique et bon son devraient être conquis surtout s’ils ont l’appétence pour le «made in local». Au cœur de son atelier de luthier de Nompatelize, Éric Delaite de Vosgesnote travaille un bois de sapin noir affichant avec sagesse ses quelque 150 ans, corps des guitares de la récente marque Aegis.
«Ce bois affiche une faible densité et sa résine est cristalline. Par rapport aux essences traditionnelles, il est 30% plus léger». Un sapin en provenance des forêts alentours et travaillé dans une scierie locale. Le luthier vosgien est l’un des «Tres Hombres» d’Aegis avec Louis Hoblingre de la société Ascalon de Bionville, spécialisée dans l’accompagnement des entreprises pour le boostage de leur chiffre d’affaires via la maîtrise des applications digitales et le Déodatien Pierre Henry, musicien qui conçoit les micros des guitares élaborées en mini-séries.
Des guitares électriques 100% vosgiennes nées d’une rencontre entre le luthier et le professionnel du digital et des médias sociaux. L’alignement des planètes entre les deux hommes est quasi naturel. Dans son activité d’accompagnement des entreprises, Louis Hoblingre met un point d’orgue à soutenir les PME et TPE locales et leur savoir-faire. Une donne qui tombe sous le sens pour Éric Delaite.
«L’activité et l’approche d’Éric est en phase avec les convictions et la philosophie d’Ascalon», assure Louis Hoblingre. La société de Bionville apporte les fonds nécessaires pour le lancement de la marque comprenant l’artillerie lourde en matière de marketing et de communication ciblée. «Aegis repose sur un partage de valeur équitable. Chaque acteur impliqué dans la fabrication des instruments est rémunéré justement».
Haute qualité accessible
La mini-série, avec une cadence d’une dizaine de guitares par mois (soit une centaine visée par an), est justifiée pour que le modèle soit rentable. Elles sont fabriquées et livrables à soixante jours et vendues uniquement via le canal web. Indispensable, surtout que les prix pratiqués se veulent accessibles au plus grand nombre de passionnés (entre 1 250 et 1 490 euros selon les modèles).
«C’est l’un de nos engagements ! Fabriquer des guitares 100% vosgiennes et surtout de haute qualité raisonnables en termes de prix». Aegis, du nom du bouclier mythique de Zeus et d’Athena, en dit long sur la culture véhiculée mêlant univers fantastique et mythologique de la société tout comme le choix du nom des deux gammes aujourd’hui développées.
Lyra, simple et épuré, peut rappeler pour les puristes la Telecaster de chez Fender tandis que sa consœur Orion penche plus sur la Stratocaster. «Des guitares à jouer qui possèdent une âme», comme aiment les décrire leurs géniteurs. «Lyra est une guitare qui traduit l’essentiel sans en faire trop. Elle incarne la clarté, la justesse et l’apaisement après la tempête. Son caractère réunit l’air et l’eau avec une vibration fluide, stable, qui recentre et équilibre. Elle exprime une force discrète mais profonde, animée par une flamme intérieure toujours maîtrisée. C’est une guitare portée par une énergie douce et intérieure, faite pour celles et ceux qui recherchent du sens, de la beauté et une forme de transcendance».
Aegis repose sur un partage de valeur équitable
Orion se veut plus, disons guerrière. Les adeptes de gros son pourraient l’identifier à l’instrumental du même nom élaboré par le groupe Metallica sur l’album Master of Puppets au siècle dernier (1986).
«Cette guitare incarne le mouvement, la conquête et la lumière en action. Elle est portée par une énergie ardente et solaire, faite pour celles et ceux qui recherchent l’intensité, le dépassement et une vérité brute dans leur jeu». Un groupe messin de métal serait d’ailleurs plus qu’intéressé. Derrière cet univers, c’est toute une filière locale qui entend émerger.
«Nos guitares se veulent résilientes ! Aegis existe pour faire vivre et développer cette filière locale pas pour l’exporter ailleurs».
Une culture, un modèle, une approche dont les premières notes officielles ont été données à la fin mars lors d’un concert-démonstration à la salle Jeanne-d’Arc à Allarmont. Les premières marches du «stairway to heaven» d’Aegis sont franchies...
Tout un univers...
Aegis, comme le nom du bouclier mythique de Zeus et d’Athena ! La marque de guitare électrique 100% vosgienne impose son univers fantastique et mythologique où les références sont légion. Lyra et Orion, les dénominatifs de deux gammes élaborées sont dans la même veine tout comme les lignes et courbes des instruments. «Nous avons souhaité aller plus loin qu’une guitare classique en créant une forme et une identité», assurent les concepteurs.