(Avec AFP)
La journée de mobilisation sociale tant redoutée samedi a été plus calme qu'attendu, malgré des heurts et quelques pillages dans plusieurs villes, mais les forces de sécurité s'interrogent sur la façon de tenir sur la durée, des appels à manifester étant lancés pour samedi prochain et le 5 novembre. Au total, samedi, les cortèges pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics ont rassemblé entre 410.000 et 800.000 personnes. Alors que des violences, dégradations et pillages ont émaillé les manifestations du 17 octobre - entre 550.000 et 800.000 participants - la situation est restée globalement calme.
70.000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés sur tout le territoire, 20% de plus que samedi dernier. Et selon un bilan provisoire de l'Intérieur, 1.314 personnes ont été interpellées, contre 2.628 le 17 octobre. Le nombre de forces de l'ordre blessées est nettement en baisse, 53 samedi contre 1.144 la semaine passée, tout comme les incendies (75 contre 2.025) et le nombre de commerces pillés (24 contre 1.522). Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a par ailleurs fait état samedi de deux personnes, des manifestants, grièvement blessées à Clermont-Ferrand et à Toulouse, lors d'interventions des forces de l'ordre.
"Pour les gilets jaunes, on a tenu des mois et des mois"
Interdictions de manifester prises dans de nombreuses villes, parcours en dehors des centre-villes, contrôles en amont et saisies d'objets de protection (masques, lunettes, cagoules) et d'attaque (mortiers d'artifice) ont permis d'éloigner le risque de dégradations et de pillages, selon des sources concordantes. "Maintenant, il faut se mettre en configuration" pour les mobilisations annoncées du 31 octobre et du 5 novembre", soupire le policier parisien. "C'est dur, les organismes sont fatigués, il y a des blessés mais on sera là", assure-t-il. "Pour les gilets jaunes, on a tenu des mois et des mois".