Dossier

Atlantem à Boué : relance industrielle, recrutements et montée en puissance

Touché par un incendie en 2020, le site Atlantem de Boué a su se réinventer en réorganisant son outil de production. S'appuyant sur des recrutements, la formation interne, le savoir-faire des salariés et des projets environnementaux structurants, il a retrouvé un rythme soutenu.

En 2020, l’information fait la une des journaux. Le site Atlantem de Boué, dans l’Aisne, est touché par un incendie. Spécialisée dans la fabrication française de fenêtres, volets, portes d’entrée, clôtures et portails, l’entreprise voit son activité brutalement stoppée pendant plusieurs semaines. Les salariés, habitués à travailler le PVC, sont alors placés en chômage partiel.

Un coup dur qui va pourtant marquer un tournant. «En interne, nous appelons cette période le renouveau de Boué. Plutôt que de nous morfondre, avec le directeur de site, nous avons décidé de redémarrer au plus vite l'activité» explique Francky Durand, directeur qualité au sein d’Atlantem Industries, groupe Hérite Industries. Mais il n'est pas question de faire n'importe comment : il s'agit de réorganiser complètement le site. «L’objectif était de repenser la production, d'installer de nouvelles machines et de gagner en efficacité et en performance» poursuit-il.

Boué, un site stratégique pour Atlantem

Depuis l’incendie, la stratégie mise en place a payé, l'usine a retrouvé un rythme soutenu. Elle produit désormais près de 20 000 menuiseries par an et entend encore monter en cadence. «Nous allons passer en 3x8. Pour cela, nous recrutons», annonce Francky Durand. Entre 10 et 12 postes sont actuellement à pourvoir. «Nous recherchons principalement des opérateurs, mais aussi des profils en management et en qualité», précise-t-il.

Atlantem travaille essentiellement en B to B, auprès d’artisans et d’installateurs. Le groupe privilégie des recrutements basés sur la motivation et le savoir-être. «Nous avons l'habitude de former nos salariés en interne», rappelle le directeur qualité. Pour accompagner l’intégration des arrivants, le site de Boué peut compter sur un solide vivier interne. L’usine s’appuie sur une soixantaine de collaborateurs, dont beaucoup disposent de nombreuses années d’expérience. Un atout précieux pour la transmission des savoir-faire industriels.

Des parcours internes encouragés

Récemment, l’entreprise a d’ailleurs mis à l’honneur six salariés comptant entre 20 et 30 ans de carrière. Une cérémonie organisée en présence du maire de la commune, venu saluer ces parcours. «C’est important pour nous de mettre en avant les savoir-faire et de les récompenser. Notre entreprise, ce sont d’abord des femmes et des hommes», souligne Francky Durand. Selon le directeur qualité, cette longévité repose sur deux piliers : des valeurs humaines fortes et de réelles perspectives d’évolution. «Nous recrutons localement, ce qui permet à nos salariés de travailler près de chez eux. C’est un vrai plus. Nos sites sont à taille humaine, et chacun peut évoluer», explique-t-il.

Les parcours internes sont activement encouragés. «Un salarié peut commencer sur un poste intérimaire en emballage et, avec des formations, devenir chef d’équipe. Il n'est pas dans la routine», précise Francky Durand. La formation constitue un axe stratégique pour Atlantem. Désormais reconnues, elles permettent aux salariés d’obtenir des diplômes reconnus, notamment des certifications de qualification professionnelle.

Un site pilote sur les enjeux environnementaux

Au-delà de la relance industrielle, le site de Boué se positionne également sur les enjeux environnementaux. Les démarches RSE occupent une place centrale dans les réflexions actuelles du groupe, notamment pour répondre aux attentes des jeunes générations et des clients. «Nous faisons déjà attention à sélectionner des fournisseurs locaux, et nous portons actuellement deux projets majeurs», explique Francky Durand.

Le premier consiste à réaliser un audit du site afin de vérifier la pertinence des flux industriels et de manutention, dans une logique d’efficacité maximale. Le second porte sur la revalorisation des déchets. «L’objectif est de savoir comment optimiser la matière. Ce qui est mis à la poubelle est une perte. D'autant que le PVC coûte de plus en plus cher», détaille-t-il. Boué sert ainsi de site pilote sur la chaîne PVC, avec une logique vertueuse : réduire les déchets et revaloriser ceux qui subsistent en lien avec les fournisseurs. Une initiative à la fois économique et écologique.

Malgré un secteur du bâtiment actuellement en difficulté, Atlantem continue de réfléchir à des axes de développement. «On ne va pas se mentir, le marché est en berne. Nous travaillons sur d'autres segments», confie Francky Durand, sans en dire davantage. Après sa renaissance, l’histoire du site de Boué est donc loin d’être terminée.