Raviver la flamme après l'épisode des Municipales. Le vendredi 19 juin, l'Entente de l'Axe Seine s'est réunie au Havre pour reprendre ses travaux après que les élections municipales ont fait leur œuvre.
«Le premier objectif de cette réunion au Havre, c'était de montrer que l'ensemble de l'Axe Seine reste mobilisé dans cette démarche collective, a expliqué Edouard Philippe. Les territoires qui s'étendent de Paris jusqu'au Havre disent et continuent à dire qu'ils ont envie de travailler ensemble pour construire un projet collectif».
Outre les trois grands moteurs de l'entente (Paris, Rouen et Le Havre), 11 intercommunalités étaient ainsi présentes pour cette conférence de transition. Soit 14 collectivités sur les 16 que compte l'entente. Elles ont notamment pu suivre les restitutions de travaux lancés il y a quelques mois.
Le premier est fédérateur : le tourisme. Déjà réunis autour de « la Seine à Vélo », l'Entente souhaite travailler et porter une offre touristique collective. «Il y a eu un travail très intéressant, piloté par l'Office de tourisme de Rouen, qui nous a été présenté ce matin et qui donne des directions qui, je crois, sont utiles à tous», a assuré Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris et de l'Entente.
Tourisme : nourrir une plus grande visibilité
Lancé l'an dernier, le projet avance à la vitesse de ceux qui doivent prendre en compte les particularités de chacun. Un diagnostic complet et des propositions de déploiement de la marque et de l'offre marketing devraient être présentés en fin d’année. «Ce qu'il faudrait, maintenant, c'est accélérer le processus», a insisté Patrick Ollier. «Commençons par communiquer sur l’existant», a plaidé Philippe Audebert, vice-président de l'agglomération de Val Parisis. «Et formons les personnels et les agents pour qu'ils connaissent mieux l’offre», a renchéri Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole de Rouen.
Les questions d'aménagement du territoire apparaissent plus sensibles. Une étude a été conduite par le Laboratoire interdisciplinaire de recherches en sciences de l'action du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Elle doit aboutir au déploiement d'un outil d'aide à la décision permettant une mobilisation intelligente du foncier disponible sur le territoire. «L'objectif est de passer d'une logique de foncier disponible à une logique de foncier désirable», a expliqué Adeline Heitz, maîtresse de conférences et coordinatrice de l’étude, avec l'idée d'intégrer les interdépendances et les objectifs politiques.
Gestion foncière et aménagement du territoire
«Cette recherche nous permet d'aller plus loin, de penser de manière plus globale que le simple recensement des disponibilités», se félicite Patrick Ollier. Car «quand on parle de foncier disponible, on se ment parfois à nous-mêmes», souffle Nicolas Mayer-Rossignol. Dépollution et morcellement ne font pas d'un hectare disponible un hectare désiré. «La vraie difficulté, c'est de faire venir à nous les porteurs de projets», renchérit Yann Perron, maire de Gargenville et vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise.
Néanmoins, l'étude du Cnam, qui doit encore intégrer notamment le territoire du Grand Paris, se présente comme un précieux outil d'aide à la décision, dans une logique d'intérêt collectif… et même d'intérêt général. Un objectif que Patrick Ollier a répété plusieurs fois lors de la réunion, notamment lorsqu'a été évoqué le projet maintes fois reporté d'une nouvelle ligne ferroviaire entre Paris et la Normandie. «Nous allons faire en sorte de rétablir la notion d'intérêt général sur ces questions d'aménagement du territoire. Avec un dialogue constructif, nous allons balayer les querelles qui peuvent exister. Parce qu'il y a toujours des points de vue différents selon l'endroit où on se trouve, mais ils ne tiennent pas la distance face à l'intérêt général». Rendez-vous au prochain épisode.
Pour Aletheia Press, Benoit Delabre