L’année 2025 s’inscrit comme un exercice difficile pour le tissu économique français, et plus encore pour la Bourgogne-Franche-Comté. À l’échelle nationale, près de 70 000 entreprises ont fait l’objet d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, un niveau historiquement élevé et 267 000 emplois perdus. La région n’échappe pas à cette dynamique, avec un décrochage des défaillances observé depuis un an, selon l’étude annuelle «Les entreprises en Bourgogne-Franche-Comté : bilan 2025 et perspectives 2026» de la Banque de France, présentée le 6 février dernier à Dijon.
Net décrochage de l'investissement
Dans un environnement international particulièrement instable, les entreprises ont dû composer avec des chocs successifs. «Les décisions américaines ont fortement perturbé un commerce mondial», observe Laurent Fraisse, directeur régional de la Banque de France. En début d’année, l’anticipation de droits de douane a entraîné une forte hausse des échanges avec les États-Unis, notamment pour les négociants bourguignons, avant un net coup de frein une fois les mesures mises en place. Dans le même temps, la réorientation d’une partie des exportations chinoises vers l’Europe et l’appréciation de l’euro ont accentué la pression concurrentielle sur les entreprises européennes, en particulier industrielles. Au plan national, la France parvient néanmoins à afficher une croissance de 0,9% en 2025, supérieure aux prévisions initiales. Une performance jugée «plutôt bonne».
La Bourgogne-Franche-Comté apparaît, elle, plus en difficulté. L’industrie régionale est «significativement en retrait» par rapport au niveau national, tout comme les services marchands. Depuis mi-2023, les carnets de commandes restent inférieurs aux attentes, et la situation s’est encore dégradée sur les derniers mois de 2025. L’investissement marque un net décrochage, avec des baisses à deux chiffres, atteignant –14% dans l’industrie et –37% dans les services marchands. «Les entreprises sont clairement entrées dans une phase de rationalisation, cherchant avant tout à préserver leur rentabilité», souligne la Banque de France.
L'industrie automobile très marquée
Cette fragilité tient en grande partie à la structure productive régionale. Le poids de la filière automobile, dont le chiffre d’affaires recule de plus de 3% en 2025, pèse lourdement sur l’activité et l’emploi. À l’inverse, les relais de croissance nationaux, comme l’aéronautique ou le naval, sont peu présents en Bourgogne-Franche-Comté. Seul le secteur agroalimentaire, qui représente 16% des effectifs industriels, parvient encore à afficher une progression de son activité.
Pour 2026, les perspectives s’améliorent néanmoins. Les chefs d’entreprises interrogés par la Banque de France se montrent plus optimistes, anticipant une hausse du chiffre d’affaires industriel de 3,1%, une reprise des exportations et une stabilisation des effectifs. «La région ne serait plus en décalage par rapport au reste du pays», indique Laurent Fraisse, même si le rebond attendu reste modéré.
Pour Aletheia Press, Arnaud Morel