Dossier

Champion de l'export, Normandy Coating veut allier qualité et innovation

Spécialiste de l'enduction de films polyester, Normandy Coating exporte ses solutions dans le monde entier. Du flocage de maillots à l'électronique automobile, l'entreprise, basée à Arques-la-Bataille, tisse discrètement son avenir.

Marie-Pierre Flandy et Christophe Geffray présentent quelques maillots floqués grâce à leurs produits. © Aletheia Press / B.Delabre

Marie-Pierre Flandy et Christophe Geffray présentent quelques maillots floqués grâce à leurs produits. © Aletheia Press / B.Delabre

Allier innovation et satisfaction client. Voilà la formule qu'applique depuis presque 25 ans Normandy Coating. Avec un succès certain. Basée à Arques-la-Bataille, l'entreprise est née des réminiscences du groupe Regma. Partie avec 15 salariés, elle en compte aujourd'hui 45, et dégage 12 millions d'euros de chiffre d'affaires. Fait rare, celui-ci se réalise à 90 % à l'export. 

«Notre métier, c'est de faire de l'enduction de films polyester, c’est-à-dire de développer des formules chimiques qui vont donner des propriétés particulières à des films polyester», résume Marie-Pierre Flandy, responsable des ressources humaines et de la communication dans l'entreprise. Une mission qui suppose de trouver la solution physico-chimique parfaite pour répondre aux besoins des clients.

Le marché est principalement celui du textile, qui représente la moitié de l'activité. Les films produits en Normandie sont ainsi utilisés pour réaliser les flocages des vêtements, comme par exemple ceux des maillots de sport. «Nous avons parmi nos clients, des équipes qui sont à la coupe du monde de football, sourit Christophe Geffray, PDG de l'entreprise. L'Allemagne, la Croatie, l'Espagne, les Etats-Unis ou encore l'Australie...»

Des produits techniques de qualité

Mais Normandy Coating développe aussi des solutions beaucoup plus techniques, avec des films capables d'embarquer de l'électronique. C'est le cas dans l'automobile, industrie pour laquelle l'entreprise seinomarine participe, par exemple, à l'intégration des capteurs de poids sur les sièges (pour le déclenchement des alarmes liées à l'absence de ceinture de sécurité). 

«C'est un marché prometteur que celui de l'automobile, poursuit Christophe Geffray. Par exemple, nous avons des solutions à apporter pour le chauffage des habitacles des véhicules électriques, qui ne peuvent plus compter sur la chaleur du moteur thermique».

Pour relever les défis techniques de ses clients, Normandy Coating mise sur l'innovation, en y affectant 10 % de ses effectifs. Dans un marché totalement mondialisé, elle en fait l'une de ses forces. «Nous sommes seuls en France sur le marché. Notre principal concurrent est italien. Et depuis quelques années, on voit la concurrence chinoise arriver»

L'autre clé : c'est l'association entre produit de qualité et service client irréprochable. Certifiée ISO 9001 et 14001, l'entreprise s'est ouvert, grâce à cette politique, le gigantesque marché étasunien (notamment du football américain et du basket NBA) puis le marché australien. «Nous exportons dans plus de 50 pays», sourit le PDG.

Un carnet de commandes plein

Dans ce marché mondialisé, les tensions géopolitiques dans le golfe persique ont eu un double effet pour l'entreprise. Une hausse de 25 à 40 % du prix des matières premières, dont beaucoup sont étroitement liées au pétrole. Mais aussi une progression notable des commandes. «20 % du polyesther mondial est fabriqué au Moyen-Orient, explique Christophe Geffray. Beaucoup de nos clients ont voulu sécuriser leurs approvisionnements.»

En additionnant l'effet Coupe du Monde 2026, le carnet de commandes est donc plein jusqu'en septembre pour Normandy Coating, qui ne craint pas non plus le phénomène de sur-stockage qui pourrait suivre. «Nous avons une bonne croissance aux USA et en Australie, et nous continuons de prospecter de nouveaux marchés», résume le PDG. Des investissements pourraient suivre, dès l'année prochaine, à des fins de gains de productivité.

Pour Aletheia Press, Benoit Delabre