Dossier
Climat

Changement climatique : quel plan d’action pour l’atténuer et s’adapter ?

La récente vague de canicules et de sécheresse a remis les efforts d’adaptation au changement climatique au cœur de l’agenda politique, en mettant notamment en évidence les vulnérabilités de notre économie et les enjeux d’égalité sociale et territoriale.

© Hesti / Adobe stock (Généré à l’aide de l’IA).

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  «Prendre les devants, c’est ce que nous devons faire collectivement» pour «préparer les transformations profondes dont nous avons besoin» et pour «identifier les moyens collectifs et particuliers qui permettent de répondre à la nouvelle donne climatique», a déclaré Claire Thoury, présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le 23 septembre, lors d’une journée d’échanges sur les impacts des canicules et sécheresses.

Instance consultative qui réunit des représentants des syndicats, du patronat et d'associations, le CESE a récemment été saisi par le Premier ministre, Sébastien Lecornu d'une mission de conseil sur le plan d’adaptation au changement climatique – et notamment, sur le financement de ce plan. Il doit rendre ses conclusions en janvier 2027.

Travailler à une «transition juste»

La France a vécu «l’été le plus chaud jamais observé en France depuis le début des mesures en 1900» et «nous entrons dans la zone où l’intensité et la fréquence des évènements climatiques va s’accentuer», a rappelé Jean-François Soussana, président du Haut Conseil pour le climat. Pour limiter l’exposition et la vulnérabilité aux aléas climatiques qui vont se multiplier, il va falloir «changer d’échelle» pour réduire «le décalage entre les efforts d‘adaptation et les besoins d’adaptation». Et dans la mesure où les actions d’adaptation ont «des impacts positifs sur la santé et la qualité de vie», il faut veiller à «obtenir une transition juste», en France comme à l’échelle mondiale.  

Des enjeux macroéconomiques importants

Vice-président du CESE, Sylvain Boucherand a souligné «les dégâts économiques très concrets» entraînés par les canicules et sécheresses. «Notre économie aujourd’hui n’est pas prête» et il y a urgence à agir pour limiter les pertes économiques immédiates et futures et pour ne pas «consacrer ses ressources à réparer plutôt qu’à préparer».

Les conséquences économiques s’inscrivent aussi bien «dans le temps court que sur le long terme», a rappelé Amélie Coantic, adjointe au Commissaire général au Développement durable. C’est le cas, par exemple, pour les pertes de productivité dans le monde agricole qui «vont s’inscrire dans la durée». Et, au-delà des impacts directs sur certains secteurs économiques, il faut intégrer tous les effets indirects tels que l’impact «des incendies sur la perte de puits de carbone forestier» ou «de la sécheresse sur les capacités hydroélectriques et sur l’accès à l’eau pour une partie de la population».

La TRACC, trajectoire de référence de toutes les actions d’adaptation

Pour avancer de manière coordonnée en matière d’adaptation au changement climatique, la France s’est dotée d’une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Elle doit servir de référence à toutes les actions menées.

Certaines mesures sont «à prendre en urgence», a poursuivi Amélie Coantic : installer des protections de volets et de stores sur certains bâtiments, négocier la modification des horaires de travail dans certains secteurs, veiller au respect des obligations légales de défrichement, à la préparation des plans d’urgence (incendie, inondation, vague de chaleur, tempête…), par exemple.

D’autres relèvent de réflexions de plus long terme. «Comment organiser les investissements et l’articulation entre l’État, les collectivités territoriales, les particuliers et les entreprises de manière coordonnée et dans la bonne temporalité, entre le moyen et le long terme, en prenant en compte les enjeux d’égalité sociale et territoriale ?» Des groupes de travail constitués par le ministère de la Transition écologique doivent rendre leurs conclusions sur ces sujets dans quelques semaines.

«L’adaptation ne doit pas limiter nos efforts d’atténuation», a tenu à rappeler le président du Haut Conseil pour le climat.«L’Accord de Paris a eu un effet mais c’est insuffisant, il faut poursuivre les efforts d’atténuation du changement climatique».