Christophe Séré élu président de la Confédération des buralistes de la Somme
Le buraliste de Ham a succédé à Philippe Laveau lors de l’assemblée générale des buralistes de la Somme, le 11 janvier à Poulainville. Il aura la charge d’accompagner la transformation de la profession, confrontée au trafic illégal et à une baisse des consommateurs.
Après douze années passées à la tête de la Confédération des buralistes de la Somme, Philippe Laveau a officiellement passé la main à Christophe Séré lors de l’assemblée générale organisée le 11 janvier à Poulainville. «C’est un très beau métier, très riche humainement, puisque l’on est un acteur de contact de proximité. Mais c’est aussi un métier très compliqué, aujourd’hui attaqué de toutes parts», analyse Philippe Laveau, qui a vendu son affaire à Montdidier et est officiellement retraité depuis le mois de novembre.
«Philippe a su redynamiser la confédération en une décennie. Lorsqu’il est arrivé en 2015, le département était assez peu représenté. Aujourd’hui, il compte 92% d’adhérents», souligne Serdar Kaya, président national de la Confédération des buralistes et gérant du bar-tabac Le Balto à Compiègne (60).
Seul candidat en lice, Christophe Séré a été élu à l’unanimité. «Nous sommes très similaires avec Philippe. Faisant précédemment partie de son équipe, ma mission sera de poursuivre le travail engagé. Nous allons continuer à accompagner, du mieux que nous pouvons, les 264 buralistes de la Somme», assure Christophe Séré, buraliste à Ham. Une tâche ô combien complexe, les débitants de tabac étant confrontés au développement du trafic de cigarettes, mais aussi à une baisse constante de la consommation.
Accompagner les évolutions du métier
«Nous comptons actuellement 1 993 adhérents dans les Hauts-de-France. En dix ans, nous avons perdu environ un tiers des buralistes», rappelle François Gilbert, responsable régional de la confédération depuis décembre. Pour pérenniser leur activité, les professionnels, dont 80% exercent également une activité de bar, ont fait le choix, depuis plusieurs années, de la diversification (presse, Française des Jeux, relais colis, point Poste, épicerie…).
Une orientation qu’ils souhaitent aujourd’hui conforter en obtenant, de la part de l’État, un agrément pour distribuer des produits de vapotage. «Des discussions sont actuellement en cours dans le cadre du projet de loi de finances afin d’établir un cadre de distribution des produits liés au vapotage», remarque Serdar Kaya. Des pistes sont déjà évoquées. «Il s’agirait d’un agrément, d’une licence, permettant aux professionnels que sont les buralistes ou les vape-shops d’avoir la main sur ces produits et d’éviter qu’ils soient vendus en ligne, où les acheteurs ne peuvent pas être contrôlés», détaille le président national.
Aller vers une réduction des écarts de tarifs
Les buralistes luttent également contre la contrebande et la contrefaçon, qui gagnent aujourd’hui du terrain. «Nous travaillons en permanence avec l’ensemble des élus, en mettant en place des conventions territoriales de sécurité pour préserver les commerces de proximité dans les villes et les villages», poursuit-il. Selon une étude de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), les pertes fiscales liées à ces trafics représentent un manque à gagner de 5 milliards d’euros au niveau national. «Pour les buralistes, la perte est estimée à 700 millions d’euros», précise Serdar Kaya, pour qui il ne faut pas dissocier cette contrebande du narcotrafic.
L’une des solutions les plus efficaces pour lutter contre la vente illégale réside, selon la confédération, dans la réduction des écarts de prix au niveau européen. «Depuis que la Belgique a augmenté ses prix, les Hauts-de-France sont la seule région où les volumes sont stables», note Serdar Kaya. «Les clients ont retrouvé le chemin des tabacs, à tel point que la logistique a parfois du mal à suivre», abonde François Gilbert.