Dossier

Cinéma : la Bourgogne-Franche-Comté veut attirer les tournages

BFC Tourisme a réuni à Dijon, du 5 au 8 octobre, des professionnels du cinéma pour leur présenter les atouts de la Bourgogne-Franche-Comté. Une opération de séduction destinée à installer durablement la région sur la carte des tournages.

Tournage Le Mélange des Genres(2024) à Dijon  ©BFC_Tournages_Cinema

Tournage Le Mélange des Genres(2024) à Dijon ©BFC_Tournages_Cinema

Patrimoine, vignobles, villages, montagnes ou grands espaces naturels : la Bourgogne-Franche-Comté entend transformer la diversité de ses paysages en avantage concurrentiel. «Quand on filme dans la région, on peut y trouver à la fois des décors patrimoniaux, de vignes, des décors qui pourraient faire penser au Canada», souligne Sophie Ollier-Daumas, directrice générale de BFC Tourisme. 

La région mise également sur sa proximité avec Paris et sur un vivier de professionnels mob Pour Pascal Shultz, chef de projets attractivité et rayonnement de Grand Besançon Métropole, l’enjeu consiste surtout à décrocher le décor déterminant d’un film. «À partir du moment où on arrive à convaincre une société que son décor principal est chez nous, les autres décors secondaires se trouvent facilement».

Une logique éprouvée avec En attendant la nuit : la découverte d’un lotissement des années 1980 bordé d’une forêt a conduit la production à réaliser près de la moitié de ses jours de tournage sur le territoire. Autre argument : le coût. Selon lui, louer certains décors revient sensiblement moins cher qu’en région parisienne ou dans le Sud.

Une filière aux retombées très concrètes

Derrière les paysages se construit une véritable politique d’attractivité. Depuis janvier 2024, le Bureau d’accueil des tournages, association créée en 1998, a rejoint BFC Tourisme, rapprochant ainsi accueil des productions et promotion touristique. En 2024, le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté consacrait environ deux millions d’euros au cinéma, dont 1,9 million au soutien aux films tournés dans la région. La Bourgogne-Franche-Comté disposait aussi d’un vivier de 1 200 figurants, 237 techniciens, 143 artistes-interprètes, 132 prestataires et 830 décors référencés. 

En 2023, 108 sollicitations avaient débouché sur 48 projets tournés et 501 jours de tournage. Surtout, l’investissement génère des retombées directes : «un euro affecté à un projet produit en moyenne 3,40 euros de retombées économiques dans la région, notamment en matière d’emplois, d’hébergement, de restauration et de déplacements», précise Sophie Ollier-Daumas. 

Le succès de Vingt Dieux montre enfin que le territoire peut être davantage qu’un décor. Originaire du Jura, Louise Courvoisier, réalisatrice du film qui a fait près de 950 000 entrées, était présente à l’évènement. Celle-ci a raconté comment elle y avait puisé son histoire et mobilisé des acteurs, des techniciens et des habitants locaux. «J’avais vraiment envie que ce ne soit pas juste un tournage qui vienne filmer la région, mais qui vienne aussi travailler avec la région», explique la réalisatrice. Son film a également offert au Jura une exposition nationale. Une illustration de l’ambition désormais portée par la région : attirer les tournages pour générer de l’activité, mais aussi faire du cinéma une vitrine de ses territoires.