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Ecologie

Collectivités territoriales : quels leviers d’action face à l’intensification des aléas climatiques ?

Aménagements résilients, culture du risque et exercices pratiques, implication de tous les citoyens… Le point sur les solutions dont disposent les élus locaux face à la montée des risques naturels, induits par le changement climatique.

© Adobe stock.

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De quels outils disposent les collectivités territoriales face à l’intensification des évènements climatiques et leurs répercussions sur les populations, les territoires et les activités économiques ? C’est la question que la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable du Sénat a soumise à un panel de spécialistes, au printemps dernier, lors d’une table-ronde sur la résilience des collectivités territoriales.

Six communes sur dix exposées à un risque naturel majeur

«Aujourd’hui, six communes sur 10 sont exposées à un risque naturel majeur. Cela monte à huit sur 10 sur les littoraux. Et les territoires de montagne sont également très exposés», a rappelé Sébastien Dupray, directeur des risques du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). En France, «plus de 21 000 communes sont exposées à un débordement de cours d’eau », et « 20% du littoral français au retrait du trait de côte, et à peu près autant n’est pas exposé parce qu’il a été aménagé par des ouvrages qui le maintiennent en place, pour le moment.»

«Les solutions existent, et si on s’y met maintenant, on a du temps»

Les collectivités territoriales disposent de leviers d’action face à ces risques, a-t-il poursuivi, mais pour élaborer leur plan d’action elles doivent impérativement pouvoir accéder à «la connaissance», c'est-à-dire toutes les données et informations disponibles à l’échelle locale et nationale. Priorités des élus locaux : «l’aménagement résilient» de leur territoire, et notamment des grands équipements critiques et des infrastructures existantes, afin d’assurer la continuité des services publics en cas de crise, et «la préparation» de tous en développant «la culture du risque, qui doit s’adresser aux citoyens et aux décideurs, élus locaux et acteurs économiques». Et de conclure sur une note encourageante : «Nous sommes convaincus que c’est faisable. Les solutions existent, et si on s’y met maintenant, on a du temps. Mais il faut saisir toutes les opportunités.»

«Le citoyen doit être le premier acteur de sa sécurité»

S’exprimant devant les sénateurs en tant que sous-directrice en charge de l’anticipation et de la gestion des crises à la direction générale de la Sécurité civile, Cindy Leoni* a elle aussi souligné l’importance de bâtir une culture du risque et de la résilience chez tout un chacun : «le citoyen doit être le premier acteur de sa sécurité». Ce qui implique « de savoir identifier et évaluer les risques et de savoir comment se comporter» face aux crises. En 2025, pas moins de 15 000 actions d’acculturation et de formation à la gestion des risques ont été dispensées sur le territoire, et la Sécurité civile travaille «sur ce sujet avec l’Association des maires de France», a-t-elle précisé.  

Organiser des exercices pratiques qui associent toute la population

Autre levier d’action prioritaire pour la Sécurité civile : l’anticipation et la planification à travers des plans nationaux et leurs déclinaisons territoriales, tels que le plan ORSEC de la Sécurité civile et ses déclinaisons locales, ou les plans communaux de sauvegarde. Ces dispositifs doivent donner lieu à «des exercices» de mise en pratique, «en y associant la population». En 2025, plus 700 exercices ont ainsi été organisés par les préfectures, dont un certain nombre associaient les populations locales.

* Cindy Leoni a pris en mai dernier ses fonctions de déléguée interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT+